Fact-Checking : Il n’y a pas de Morgellons dans les masques chirurgicaux

La vidéo qui circule sur Facebook depuis plusieurs jours ne montrent pas des morgellons (un type de vers) dans les masques facials comme le laissent entendre beaucoup d’internautes, mais plutôt des fils.

Une vidéo publiée sur la page Facebook « l’Eveil de Conscience » alerte : « Scandale ! #Morgellons dans les masques ! ». La vidéo qui jusqu’au lundi 12 avril 2021 à 17h 54 enregistrait 4,6 mille commentaires et 1,5 million de vue, montre des morgellons dans un masque chirurgical. Publié le 11 avril 2021, la vidéo qui en réalité est un assemblage de plusieurs autres, fait entendre des voix de personnes qui affirment que des parasites sont présents dans des masques chirurgicaux jamais utilisés.

L’expérience réalisée dans ce film comme dans plusieurs autres sur le même sujet, consiste à poser un masque au-dessus d’un bol d’eau chaude pour permettre à la vapeur de faire bouger le corps étranger après quelques minutes d’attente. Cette vidéo qui fait 35 minutes et 42 secondes dont les auteurs demandent un maximum de partage insiste sur l’existence des morgellons dans les masques chirurgicaux. Qui sont pourtant l’un des moyens utilisé pour se protéger contre une infection de la maladie à Coronavirus.

Seulement, après vérification, il ressort qu’aucun masque chirurgical acheté en pharmacie ne peut contenir des parasites alors qu’il n’a pas encore été utilisé. A ce sujet, Pr Yap Boum II, épidémiologiste et responsable adjoint de la section recherche opérationnelle du Centre des opérations d’urgence de santé publique (Cousp) qui coordonne la riposte de la Covid-19 déclare qu’il ne s’agit pas des morgellons, mais des fils qu’on peut trouver dans d’autres textiles, pas uniquement dans des masques. « On peut les retrouver dans des manteaux par exemple. C’est des fils qui en réalité sont totalement inoffensifs par rapport à la personne humaine », a-t-il expliqué.

Pour lui, ces masques sont à usage unique, ce qui veut dire que l’usage peut vraisemblablement entrainer l’apparition de micro-organismes. « Si quelqu’un porte un masque et s’arrête pour aller manger et ne se lave pas les mains, reprends le même masque pour le remettre, à force, il y aura des micro-organismes qui peuvent apparaitre sur ces masques », relève l’épidémiologiste, dont les propos ne sont pas éloignés de ceux des pharmaciens. Le cas de Dr Berol Ngondiep qui de son côté, fait allusion aux fabrications artisanales. « Dans ces cas-là, oui, on peut très facilement retrouver des germes. Mais s’il faille aller sur le plan normal, non, lors de la livraison, les masques sont supposés être exempts d’un certain nombre de germe », déclare-t-il.

Contrôle

Néanmoins, cette vidéo met en évidence le volet contrôle-qualité réalisé dans certains laboratoires à l’instar du Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’Expertise-Lanacome, et de l’Agence des normes et de la qualité du Cameroun-Anor, en charge de veiller au respect de la norme de certains produits. « En pharmacie, on ne fait pas de contrôle. Peut-être de façon approximative, c’est-à-dire le conditionnement primaire. On regarde si le paquet est fermé, s’il n’y a pas un liquide qui y est entré, on vérifie la date de péremption… De pareils détails se font en pharmacie. Mais au niveau des entrées au pays, normalement, ce genre de dispositif devrait avoir l’attestation de qualité, un document qui atteste que la qualité est respectée », explique Dr Berol Ngondiep.

Aussi, contrairement aux autres espaces de vente, les produits commercialisés en pharmacie peuvent être tracés. « On peut remonter jusqu’au fabriquant, ce qui n’est pas le cas lorsque tu vas à la boutique ou chez un vendeur à la sauvette », confie le pharmacien qui recommande qu’en plus du port du masque, il faut « se laver systématique les mains avec de l’eau et du savon ou avec des solutions hydroalcooliques pour pouvoir garantir que les mains restent sans présence de micro-organisme, également le besoin de changer aussi souvent que possible les masques qui ne peuvent pas être nettoyés ou lavés ».

Michèle EBONGUE

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