Fact-checking : Le nouveau proviseur du Lycée de Batibo est bien en poste dans le Nord-Ouest

D’après une rumeur devenue virale sur la toile, Njom Éphraïm Ndah récemment promu proviseur au lycée de Batibo dans le Nord-Ouest, aurait écrit au Minesec pour signifier qu’il est déjà à la retraite et ne peut donc pas rejoindre son lieu d’affectation. Après vérification auprès du concerné et au lycée de Deïdo, il n’en est rien de tout cela.

La nouvelle faisant état du refus du désormais ancien censeur du lycée bilingue de Deïdo à Douala de rejoindre son nouveau poste de travail dans le Nord-Ouest est fausse. En effet, depuis quelques jours, une nouvelle fait le tour des réseaux sociaux. Par exemple, sur la page Facebook de David Eboutou, l’on peut lire : « Le censeur du lycée bilingue de Deïdo promu proviseur au lycée de Batibo à Bamenda a écrit à son ministre pour lui dire qu’il est déjà en retraite ». Le 4 décembre dernier, seulement 9h de temps après avoir fait la publication, celle-ci enregistrait déjà 1000 commentaires, 2 500 réactions et 307 partages.

Joint au téléphone, Yvette Mukete Petang proviseur du lycée bilingue de Deïdo, indique qu’il s’agit d’une rumeur visant à saboter son désormais ex-collaborateur. « Monsieur Éphraïm n’a jamais refusé de prendre service à Batibo », réfute d’emblée la dame. Elle poursuit, « D’ailleurs il n’est pas là (à Douala, Ndlr). Il est parti à Bamenda hier (mardi, 8 décembre 2020, Ndlr). Il prend service ce matin (le mercredi 9 décembre 2020, Ndlr) comme proviseur à Batibo où il a été promu. Il est à 8 ans de la retraite et donc, vous comprenez que ce n’est qu’un mensonge ce qui se raconte ».

Selon le Minesec, Njom Éphraïm Ndah est né le 17 août 1968. Joint au téléphone, le concerné confirme cette information. « Je suis né en 1968. C’est-à-dire que j’ai encore huit ans de service », lance-t-il. L’enseignant précise que « ce qui se dit et circule partout est faux. Moi je n’ai rien écrit et je ne sais pas d’où ça vient. Peut-être que ça vient des ennemis tapis dans l’ombre. Les nominations, c’est ce qu’on cherche. Alors comment vais-je refuser une nomination, une promotion quand elle arrive ? Je vais la refuser pourquoi et sur quelle base ? Je n’ai aucun problème avec ma nomination ».

D’après les explications du nouveau proviseur de Batibo, au moment où nous échangions avec lui, il se trouvait à Bamenda pour prendre service. « J’étais à Bamenda hier (mardi 08 décembre Ndlr) pour prendre service. Ça n’a pas pu être fait parce que, m’a-t-on dit, on doit d’abord installer le départemental avant que je ne sois installé. Ce sera peut-être la semaine prochaine (lundi 14 au vendredi 18 décembre). Je serai informé d’ici là du jour de la passation de service. Mais actuellement, je vous dis que je suis à Bamenda », insiste-t-il.

Pour ce dernier, vivre et travailler à Batibo ne lui pose aucun problème, puisqu’ « il y a des gens qui vivent là-bas. Moi aussi je vais vivre comme eux », souligne-t-il. L’ex-censeur du Lycée Bilingue de Deïdo dit ne plus attendre que soit mis en forme tout ce qui relève des procédures administratives afin de prendre fonction.

CrowdTangle

Le nouvel outil de recherche et d’analyse des données sur la plateforme Facebook indique que ces dernières semaines, ce poste a été relayé par plusieurs pages et groupes. Outre la page de David Eboutou officiel fort de ses 93 018 abonnés, le post ligne pour ligne a été aussi partagé dans le groupe « Ligue intellectuels africains » qui quant à lui, compte un peu plus de 15 528 abonnés. Plusieurs autres comptes non certifiés ont relayé ladite rumeur.

Cependant, l’outil développé par Facebook indique que le post de David Eboutou aura été le plus viral totalisant au passage au moment où nous allions sous presse, 1 600 partages et plus de 4 300 commentaires associés.

Cette rumeur intervient au moment où les deux régions anglophones connaissent un regain de violence avec des attaques sur les fonctionnaires notamment contre les enseignants et les écoles. Le Minesec a d’ailleurs publié ce 10 décembre 2020, une liste de plus de 1 000 enseignants absents de leur poste de travail dans les deux régions anglophones. Elle les invite à les rejoindre sans délai.

Marthe Ndiang et Paul- Joël Kamtchang

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