Fact-checking : Non, il n’y a pas d’épidémie de choléra dans l’Adamaoua

En mars 2021 le site d’informations le 4ème pouvoir annonçait une épidémie de choléra dans la capitale de l’Adamaoua. Ladite publication a fait l’objet de partage dans plusieurs groupes en ligne. Après vérification, il s’agit d’une fausse nouvelle.

Au début du mois de mars 2021, en pleine saison sèche, une publication du site d’informations Le 4ème Pouvoir annonçait dans un article relayé dans les fora WhatsApp, notamment les Influenceurs-confiance de la survenue d’une épidémie de choléra dans l’Adamaoua. Dans son texte, le journaliste parle du quartier Burkina, dans le district de santé de Ngaoundéré urbain, comme la zone où l’épidémie se serait déclenchée.

L’annonce de la survenue de l’épidémie de choléra dans le secteur de Burkina en mars 2021 par www.lequatriemepouvoir.com a fait beaucoup parler les confrères rassemblés dans le forum « les influenceurs de confiance ». Du simple rappel à l’ordre et la remise en cause de cette information ont été servis au correspondant de ce site d’informations par les participants de ce forum.

Le contexte de la survenue de la « fausse épidémie de choléra » selon cette publication, dans le quartier Burkina s’explique par la difficulté d’accès à l’eau potable dans ce quartier précaire de la ville de Ngaoundéré. L’annonce de cette fausse épidémie coïncide aussi avec la période où la région en général et la ville de Ngaoundéré en particulier fait face à des coupures intempestives d’eau dans les ménages de la ville et de la région. Aussi, le quartier Burkina se trouve au pied d’une des montagnes qui entourent la ville de Ngaoundéré. Ce qui rend difficile l’accès à l’eau en saison sèche, d’où le recours des populations aux sources d’approvisionnement de qualité douteuse.

Seulement, cette publication n’a pas daigné apporter des éléments de preuves par rapport à l’information rapportée sur son site.

Dans l’article en question, la rédaction du site www.lequatriemepouvoir.com fait état de ce que l’accès à l’eau potable étant difficile, les populations de ce quartier situé dans le district de santé de Ngaoundéré urbain sont sujettes à des maladies, notamment le choléra. Il s’appuie sur ces difficultés des populations pour annoncer la survenue de l’épidémie du choléra dans la région.

A la délégation régionale de la santé publique de l’Adamaoua, les services de la communication sont formels. « Depuis plus de 5 ans l’Adamaoua n’a pas enregistré de cas de choléra », fait savoir Elhadj Oumarou Santé, Point focal communication à la délégation régionale de la santé de l’Adamaoua. Une réaction qui corrobore celle de l’Organisation Mondiale de la Santé. Dans son rapport biennal 2018-2019, l’OMS ne relève aucun cas de choléra dans l’Adamaoua bien que les régions voisines, le Nord et l’Extrême-Nord et le Nigéria limitrophe à la région aient notifié quelques cas en 2018. 

L’article du quatrième pouvoir qui parle de la résurgence de l’épidémie de choléra dans la région relève tout simplement d’une volonté de manipuler l’opinion. Dans le quartier concerné, personne ne reconnait avoir entendu parler des cas de choléra dans le secteur depuis des années. « J’habite ce quartier depuis plus de 4 ans, je n’ai jamais entendu parler des cas de choléra ici. Cela peut être possible en saison pluvieuse, mais difficilement au mois de mars où nous sommes en pleine saison sèche. Certes nous avons des difficultés en termes d’accès à l’eau potable, mais nous n’avons pas entendu signaler des cas de cette maladie dans le quartier » confie Esaïe, habitant le quartier Burkina, décrit dans l’article comme fief du choléra dans la ville de Ngaoundéré. 

La lecture de l’article en question laisse voir quelques manquements. La parole n’est donnée à aucun personnel de santé, ni le nombre de cas notifié n’apparait. Pire encore, l’article n’est pas signé et ne fournit aucun détail sur la gestion de l’épidémie.  Ce qui laisse planer le doute sur l’authenticité de l’information et sa fiabilité. 

 Travaux réalisés dans le cadre de la 4ème cohorte de l’#AFFCameroon avec le soutien de #defyhatenow et la participation technique de #DataCameroon.

 Par Jean BESANE MANGAM

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