Fact-cheking : Désertion des lycéennes de leur village de peur d’être mariées au roi

Publiée dans le groupe Facebook Vert Rouge Jaune et partagée dans plusieurs autres, l’information sur la fuite d’une vingtaine d’élèves du lycée de Bangang-Fokam dans la région de l’Ouest-Cameroun ne cesse de générer des commentaires. Après vérification, les faits sont avérés, mais datent de 3 ans environ.

Intitulée « Ouest-Cameroun : Une vingtaine de lycéennes déserte le village de peur d’être mariée au nouveau Roi », l’information est publiée dans le groupe Facebook Vert Rouge Jaune le vendredi 8 janvier 2021. 2 heures seulement après la publication, le post avait généré 200 commentaires et fait l’objet de 27 partages.

Reprise par Roosevelt Chronique Chrono sur Facebook le 8 janvier à 22h37 au point d’en faire 14 commentaires et 6 partages, cette publication a également été relayée le jour d’après dans Kongossbar vip original. D’après le groupe Vert Rouge Jaune, l’information a été donnée par un journaliste du site Lebledparle.com. En parcourant ledit site, la même photo sert d’illustration pour cet article dont la publication date du 22 février 2019. Elle a récolté 78 commentaires et 46 partages.

Joint au téléphone, Jean Claude Nantia, proviseur du lycée de Bangang-Fokam confirme que des élèves (filles) ont bien déserté cet établissement scolaire, de peur d’être mariée au roi. Seulement, le fait narré remonte à plusieurs années. « C’est une histoire qui date de pratiquement 3 ans. Le roi Bangang est décédé il y a 4ans aujourd’hui. C’est après la sortie du La’akam de son successeur, qu’il se décide de lui trouver des femmes qui doivent être toutes natives du village », renseigne l’enseignant.

Suite à cette décision, 22 filles ont décidé de fuir le village pour échapper à un mariage forcé avec le roi de Bangang-Fokam, rapporte le proviseur.  La publication qui totalisait déjà 429 commentaires et 79 partages lundi 18 janvier 2021 dans le groupe Vert Rouge Jaune serait, selon, Jean Claude Nantia, l’œuvre d’un individu mal intentionné. « C’est peut-être quelqu’un qui est retourné dans sa poubelle reprendre ce message. Parce que moi-même, j’ai écrit à ma hiérarchie pour dire que le lycée est en train de se vider. Quand cette agitation est passée, au bout d’un mois et demi, les élèves sont revenues », a-t-il conclut.

A noter que cette information vieille de 3 ans environ, est remontée à la surface quelques jours seulement après le début du second trimestre, pour le compte de l’année scolaire 2020-2021.

Michèle EBONGUE

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