Hôpital régional de Ngaoundéré : le centre d’hémodialyse n’a pas été démonté

le centre d’hémodialyse de l’Hôpital régional de Ngaoundéré

Des publications sur Facebook et dans des groupes Whatsapp affirment que le centre d’hémodialyse de l’hôpital régional de Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua a été démantelé et les équipements envoyés à l’hôpital régional de Buea dans le Sud-Ouest. Mais après vérification auprès des responsables de ces établissements hospitaliers, cette information n’est pas correcte. Il s’agit plutôt d’une cession provisoire des kits de dialyse à l’hôpital régional de Buea.

Mardi 2 janvier 2024, Adolarc Lamissia journaliste et correspondant pour le quotidien à capitaux privés Le Jour dans la région de l’Adamaoua publie sur son compte Facebook : « Monsieur le ministre Manaouda Malachie, c’est avec les larmes aux yeux que je fais ce post, nous populations de l’Adamaoua, avons appris avec tristesse et désolation que vous avez envoyé une équipe médicale démonter les appareils d’hémodialyse de l’hôpital régional de Ngaoundéré pour Buea… (Sic) ». Lire la suite de la publication ici.

Sur Whatsapp et précisément dans des groupes professionnels de médias, la nouvelle des équipements démontés du centre d’hémodialyse de l’hôpital régional de Ngaoundéré se propage aussi. Et des interrogations fusent, surtout que le centre a été inauguré il y a juste un an, par Manaouda Malachie, le ministre de la Santé publique (Minsanté). En effet, c’est depuis le 27 décembre 2022 que cette infrastructure est opérationnelle.

DataCameroon a contacté Adolarc Lamissia. Le journaliste apporte une correction à sa publication. « Une équipe est venue de Buea et a emporté des kits du centre d’hémodialyse de Ngaoundéré pour le Sud-Ouest sur instruction du Minsanté », indique le journaliste. Il ajoute, « c’est après mon post qu’ils ont jugé nécessaire de me recevoir et m’expliquer. C’est après mon post que j’ai eu des explications convaincantes ».

Le Dr Oumarou Moussa le chef de centre d’hémodialyse avec qui nous avons échangé par messagerie Whatsapp explique. « En fait, le centre d’hémodialyse de Buea est en rupture sèche de matériel de dialyse (les consommables). Les patients de Buea ont manifesté parce qu’il ne recevaient plus de dialyse. Le centre d’hémodialyse de Ngaoundéré ayant du matériel en stock a été appelé à l’aide pour approvisionner Buea en Kits de dialyse. Nous avons toutes nos machines de dialyse sur place ». Il poursuit, « comme ce sont des matériels importants donc, un camion est venu changer avant-hier (lundi, 1er janvier 2024, Ndlr) et tout le monde a donc vu. Les gens ont cru que c’est le transfert du centre de dialyse. Kits de dialyse ne veut pas dire machine et on a suffisamment du matériel ici ». D’après le Dr Oumarou, le matériel est suffisant si bien qu’on « dépanne énormément d’autres centres d’hémodialyse ».

DataCameroon a également contacté le Dr Mamoudou, directeur de l’hôpital régional de Ngaoundéré. En réponse à nos questions, il va nous faire parvenir une copie du communiqué radio qu’il a signé en date du 3 janvier 2023. Il y est écrit : « Le directeur de l’hôpital régional de Ngaoundéré porte à la connaissance du public de la ville de Ngaoundéré et ses environs qu’une nouvelle circulant dans les réseaux sociaux, faisant état du démontage des appareils du centre d’hémodialyse de la structure dont il a la charge au profit d’une autre région n’est qu’une rumeur infondée tendant à ternir l’image de la formation sanitaire… ». DataCameroon a également eu copie de la correspondance du Minsanté adressée au directeur de l’hôpital régional de Ngaoundéré. Le courrier signé le 29 décembre 2023 a pour objet : « Cession provisoire des kits de dialyse à l’hôpital régional de Buea ».

En définitive, la nouvelle selon laquelle le centre d’hémodialyse de l’hôpital régional de Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua a été démantelé et les équipements envoyés à l’hôpital régional de Buea dans le Sud-Ouest n’est pas exacte. Il s’agit plutôt d’une cession provisoire des kits de dialyse à l’hôpital régional de Buea.

Marthe NDIANG, avec la contribution de Jean BESANE MANGAM, à Ngaoundéré

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