La route des chefferies : une exposition déroutante

La route des chefferies : une exposition déroutante

Dans une de ses sorties le 27 juin 2022 sur Facebook, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo affirme à la fin de son texte que « la France organise la route des chefferies Bamiléké ». Mais d’après les concepteurs de cette exposition qui court du 5 avril au 17 juillet 2022 au Musée du Quai Branly à Paris, elle est le résultat d’une coopération entre cet espace culturel et la Route des chefferies. 

Lundi 27 juin 2022, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo publie sur sa page Facebook une tribune. La publication a pour titre : « NOUS SOMMES LEURS MOINS CHER (Sic). Dans cette sortie, le célèbre réalisateur camerounais bien connu pour ses positions face au régime en place dont il dénonce très souvent le laxisme affirme que « La France organise la route des chefferies Bamiléké ». Le post qui comptait plus 250 réactions et près de 80 partages vendredi 1er juillet 2022. A noter que la route des chefferies Bamiléké dont parle le cinéaste est en fait, l’exposition intitulée « Sur la route des chefferies du Cameroun. Du visible à l’invisible » qui est ouverte depuis le 4 avril 2022 et ce, jusqu’au 17 juillet courant au Musée du Quay Branly Jacques Chirac à Paris en France.

Vérification

Contacté par messagerie Whatsapp, Stéphanie Dongmo, la directrice des opérations pour l’Association La Route des chefferies initiatrice de cette expo explique : « L’exposition « Sur la route des chefferies du Cameroun. Du visible à l’invisible » est conçue par l’association La Route des chefferies et produite par le Musée du Quai Branly Jacques Chirac à Paris. Elle se tient au Musée du quai Branly depuis le 4 avril jusqu’au 17 juillet. Cette expo est le résultat d’une coopération entre le Musée du Quai Branly et la Route des chefferies ». Notre interlocutrice poursuit, « en marge de cette exposition, plusieurs activités ont été organisées à la fois par la Route des chefferies et le Musée du quai Branly, parmi lesquelles un cycle de cinéma dirigé par Jean-Pierre Bekolo, sous le titre « Les ovnis du cinéma camerounais  » du 13 au 15 mai 2022 ».

Car, « en marge de cette expo, il y a toute une Saison culturelle du Cameroun à Paris avec des activités faisant intervenir des acteurs de tout le Cameroun, dont Jean-Pierre Bekolo », ajoute-t-elle. L’ancienne journaliste du quotidien à capitaux privés Le Jour relève par la même occasion qu’il ne s’agit pas d’une expo bamiléké comme le laisse penser la publication du cinéaste, puisqu’elle porte sur le patrimoine de l’aire culturelle des Grassfields, qui comprend l’Ouest et le Nord-Ouest. Même son de cloche du côté de Myriam Chiemgnie, responsable du développement culturel pour la Route des chefferies. D’après cette dernière que nous avons eue au téléphone, cette expo est le résultat de 10 ans de travail, en partenariat avec le Musée du Quai Branly Jacques Chirac. « Le Musée est notre partenaire. D’ailleurs, on a plusieurs autres partenaires », précise Myriam Chiemgnie.

 

La route des chefferies : une exposition déroutante

La route des chefferies le pays de Macron n’a pas organisé cet évènement culturel

Contacté par messagerie sur Facebook, Jean-Pierre Bekolo reste sur sa position. « C’est la France qui a organisé cette exposition. Si le Cameroun avait organisé quelque chose on le saurait. Mais là c’est une association camerounaise, basée à Nantes en France qui s’est appuyée sur la France pour organiser cette exposition aussi bien sur le plan financier que d’autres. Le Quai Branly ne fait rien sans qu’il n’ait travaillé dessus. Ils ont une implication curationelle. Je peux le dire parce que j’ai travaillé avec eux. Ils sont partie prenante ». Il poursuit, « et je dis bien qu’elle (la France, Ndlr) fait ça pour neutraliser le mouvement de restitution des objets engagé. C’est politique. Les français ne veulent pas restituer ces objets ».

le cinéaste Jean-Pierre Bekolo affirme à la fin de son texte que

Celui qui rappelle être le 1er camerounais à avoir fait une exposition au Musée du Quai Branly réfute cependant l’information selon laquelle l’activité qu’il a animé du 13 au 15 mai 2022 au Musée soit tenue dans le cadre de « La route des chefferies ». « C’est la responsable du Musée qui m’appelé et m’a dit, nous voulons que tu fasses une programmation. Ce sont eux et pas La route des chefferies qui m’a appelé. La responsable du Musée s’est dite que puisqu’il y aura des camerounais, autant mieux avoir une autre activité avec un camerounais. Parce qu’au Musée, il faut le savoir, il y a plusieurs activités au même moment ».  D’après Jean-Pierre Bekolo sa démarche est qu’il devrait avoir un préalable avant toute fête en France. « Ils doivent reconnaître leurs crimes et demander pardon. Après cela, on pourra faire la fête », ponctue le réalisateur.

Cette publication est faite alors que se déroule la première édition de la Saison culturelle du Cameroun à Paris en France. Un évènement artistique et culturel et surtout pluridisciplinaire qui s’est ouvert au mois d’avril 2022 et court jusqu’au mois de juillet courant. Ce grand rendez-vous culturel connaît depuis lors plusieurs temps forts, à l’instar de la nuit des chefferies au théâtre de la ville de Paris, la parade royale des civilisations sur les 2,5 km dans les rues de la capitale françaises et la grande exposition au musée du Quai Branly Jacques Chirac, intitulée « Sur la route des chefferies du Cameroun. Du visible à l’invisible ».

Marthe NDIANG

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