Insalubrité : une menace pour l’environnement et la santé des habitants
A Douala, des déchets ménagers encombrent les rues et dégagent des odeurs désagréables. Cette situation liée à la gestion de la collecte et du traitement des déchets dans les quartiers, provoque une crise sanitaire et environnementale, selon les experts.
Des tas d’ordures jonchent les rues, dégagent une odeur nauséabonde, ce vendredi 04 avril 2025 à l’entrée du campus 1 de l’Université de Douala dans l’arrondissement de Douala 5e. Au milieu de ce paysage, Aïcha, une étudiante âgée de 24 ans, qui se rend au campus essaie de se frayer un chemin. « Chaque jour, c’est la même lutte. Je ne comprends pas comment on peut continuer à vivre ici, entouré de toute cette saleté », se désole Aïcha.
Ces déchets jetés sur des sites fortuits, le long des routes, dans les rivières, les caniveaux, obstruent les drains, les égouts et la voie publique. « L’insalubrité persiste et devient une préoccupation de plus en plus urgente (…) Malheureusement, les politiques d’urbanisation peinent à suivre le rythme de l’expansion rapide », relève l’Association pour la Solidarité et le Développement Durable (l’AS2D), dans son rapport d’étude sur la gestion des déchets à Yansoki et Yatchika, mise à jour en janvier 2025. Malgré les diverses initiatives d’assainissement mises en place, très peu de déchets produits quotidiennement sont évacués de manière légale, peut-on lire.
Une situation qui selon Bruno Ejuade, géographe environnementaliste, influence la qualité de l’air qui dépend du cadre de vie et des pratiques d’hygiène mises en place dans un environnement donné. « Un cadre de vie sain est caractérisé par une bonne gestion des déchets, une planification urbaine adéquate et des espaces verts suffisants », explique Bruno Ejuade.
Une mauvaise gestion des déchets, qui à en croire le Dr Basga Blaise, médecin généraliste, a un impact sur la santé. En effet, dit-il, la santé est déterminée par un ensemble de facteurs interconnectés, notamment les conditions de vie, l’accès aux soins, l’environnement et les politiques publiques. « Un habitat insalubre, marqué par la présence de décharges sauvages, une mauvaise évacuation des eaux usées et une forte densité urbaine, favorise la prolifération de polluants et de particules fines responsables des maladies respiratoires et cardiovasculaires, particulièrement chez les populations vulnérables », souligne ce médecin.
Pour améliorer cette situation, l’AS2D propose dans son rapport d’étude sur la gestion des déchets ménagers, l’implication active de la communauté dans le processus de gestion des déchets à travers la sensibilisation des populations, l’intégration des jeunes dans des initiatives afin de renforcer les capacités locales, tout en veillant à l’équilibre financier et à la viabilité à long terme du service.
Hyacinthe TEINTANGUE (stagiaire)







