Année scolaire 2024-2025 : Les frais de scolarité en hausse dans les écoles privées

Année scolaire 2024-2025 : Les frais de scolarité en hausse dans les écoles privées
Cette situation qui impacte les prix à la consommation finale des ménages du mois d’août 2024 selon l’Institut national de la statistique, est d’après le syndicaliste Thobie Emanuel Mbassi Ondoa, la manifestation de la privatisation de l’éducation au Cameroun .
Selon Sandrine Kameni, parent d’élèves dans un groupe scolaire bilingue du 4e arrondissement de la ville de Yaoundé, les frais de scolarité ont encore été augmentés de 15.000 F Cfa cette année. En plus décrie cette mère, les prix de l’uniforme et du pullover ont connus une hausse, passant respectivement de 8000 à 15000 F Cfa et de 7 500 F Cfa à 13000 F Cfa . « L’école exige en Plus de cette augmentation, le port des chaussures noires avec des chaussettes blanches et un polo à mettre tous les mercredis, sans compter la tenue de sport et certains manuels qu’ils faut acheter uniquement chez eux », se plaint une autre maman d’élèves.
Ces cas, ne sont pas isolés. Selon l’Institut national de la statistique ( Ins), dans sa note mensuelle du mois d’août 2024 sur l’évolution des prix à la consommation finale des ménages au Cameroun, l’augmentation des frais de scolarité et d’inscription s’observent dans plusieurs établissements privés et confessionnels dans les enseignements primaire et secondaire au cours de l’année scolaire 2024/2025. L’un des secteurs à l’origine de la progression des prix à la consommation finale des ménages du mois d’aout 2024, avec une hausse de près de 0,4%.
« Il s’agit là de la manifestation de la privatisation de l’éducation où chaque promoteur investi et fixe les prix de sa marchandise. Il est à noter que les prix sont ainsi fixés en fonction de l’investissement et du bénéfice escompté . Objectivement, il n’y a pas de raison que cet argent augmente chaque année car les salaires de leurs enseignants restent statiques », déplore Thobie Emanuel Mbassi Ondoa, secrétaire général de la Fédération camerounaise des syndicats des enseignants (Fecase).
Interrogés sur cette augmentation unilatérale des frais de scolarité, des promoteurs d’écoles que nous avons contacté à Yaoundé, refusent de s’exprimer. L’un d’entre eux, qui a requis l’anonymat confesse : « la construction de ces écoles nous impose de gros investissements. Parfois, il s’agit de gros emprunts que nous avons fait dans les réunions et banques. Il faut alors tenir à nos engagements en remboursant nos dettes. Croyez-moi, le secteur privé a plusieurs contraintes internes qui nous imposent l’augmentation des frais de scolarité ».
Alors que la régulation de l’Etat est sollicité, il importe de rappeler que la loi n° 004/022 du 22 juillet 2004 fixant les règles relatives à l’organisation et au fonctionnement de l’enseignement privé au Cameroun, dispose dans son article 21 alinéa 1 que les taux de frais de scolarité des établissements libres sont fixés par le fondateur.
Selon Thobie Emanuel Mbassi Ondoa, cette privatisation à la longue va entrainer des conséquences fâcheuses sur le taux de scolarisation au Cameroun qui sera de plus en plus bas, avec un taux élevé de décrochage scolaire car les ménages ne pourront plus tenir. D’ailleurs, dans son Rapport d’analyse de l’Annuaire statistique du secteur de l’éducation et de la formation au Cameroun de 2022, l’Ins révèle que les familles contribuent de manière importante aux dépenses d’éducation. « L’observation de la totalité des dépenses d’éducation du pays, permet d’estimer les dépenses des familles à 31% et 21% respectivement pour le primaire et le secondaire », peut-on lire dans ce rapport qui est une analyse comparative des indicateurs clés à la lumière de l’Odd4.
Mélanie Ambombo







