Aviculture : A l’Ouest, les éleveurs militent pour une régularisation du secteur

Dans ce bassin de production, qui est l’un des plus importants du pays, les producteurs déplorent la hausse des coûts des intrants qui sont passés du simple au double alors que la filière peine à se relever des crises sanitaires répétitives.

« Nourrir mes pondeuses devient de plus en plus difficile, le coût de production a explosé », se plaint Dimitri Kuate, aviculteur à Bandjoun, dans le Koung-Khi, région de l’Ouest. Propriétaire d’un cheptel de 1.500 pondeuses, cet éleveur regrette la hausse des prix des intrants qui handicapent ses activités.  Plus inquiétant encore, l’augmentation du prix du maïs, un ingrédient clé dans l’alimentation des volailles, dont le kg est passé de 180 à 280 F Cfa, déplore Rubin Fonkou, un autre producteur basé à Bafounda dans les Bamboutos.

« La hausse des prix des matières premières, exacerbée par la guerre en Ukraine, aggrave les difficultés des éleveurs. Les coûts élevés des aliments pour volailles rendent la production moins compétitive. Il est crucial de régulariser le secteur pour que tous les acteurs en bénéficient », soutient cet aviculteur. En plus de la cherté des intrants, l’accès limité au financement, déplore Rubin Fonkou, freine la modernisation et l’expansion des exploitations.

Cette flambée des prix des intrants, a fragilisé cette filière déjà affaiblie par la grippe aviaire, qui a entrainé une perte de plus de 148 000 volailles. Un préjudice estimé à plus de 16 milliards de F Cfa, qui a eu un impact considérable sur la production de viande de volaille dans la région de l’Ouest. Selon Déchalèse Gasparine Wagang, cheffe de service des enquêtes et des statistiques à la délégation régionale du ministre l’Elevage, des pêches et des industries animales (Minepia) de l’Ouest, cette région a enregistré une chute de 251.880 têtes, passant ainsi de 3 703 880 en 2022 à 3 451 999 têtes en 2023.

Cette baisse s’explique également, souligne Déchalèse Gasparine Wagang, par la reforme massive dans les fermes due au vieillissement des sujets, aux coûts élevés des intrants et à la délocalisation de certaines fermes de l’Ouest vers les régions du Centre et du Littoral.

A l’Ouest, des initiatives sont menées pour revitaliser le secteur. C’est le cas avec une ferme avicole de 3 milliards de F Cfa en gestation à Bamendjou, visant une capacité de 80.000 poules pondeuses et des infrastructures modernes. Le projet est porté par le Dr. Pascal Talla. Le groupe Noutchogouin, leader du marché, a également investi dans la relance de la filière, malgré les défis engendrés par les épidémies et la pandémie de Covid-19. La production de l’Ouest qui représente 80% de la production nationale (mars 2017) est destinée principalement aux grandes métropoles du Cameroun (Douala et Yaoundé), à l’Est et au Sud et dans certains pays voisins.

Au niveau national, les indicateurs affichent un effondrement des effectifs des poussins d’un jour, qui est passé de 900.000 poussins en 2016 à 400 000 en 2024, selon le Minepia.  L’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic) signale qu’à peine 200 000 reproducteurs sont en activité à travers le Cameroun. Avec une contribution au Produit intérieur brut estimée à 4%, le Cameroun espérait atteindre en 2024, une production avicole de près de 54 millions de têtes.

Aurélien Kanouo Kouénéyé

 

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