Autonomie sanitaire : Limbe a sa première centrale d’oxygène médical

Longtemps restée dépendante aux livraisons d’oxygène venues de Douala et Yaoundé, la région du Sud-Ouest ne manquera plus de cette ressource vitale dans la prise en charge des malades.

 Le 21 août 2025, le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie, a inauguré à l’Hôpital régional de Limbe, la toute nouvelle centrale autonome de production d’oxygène médical du Sud-Ouest.  Cette infrastructure vient ainsi marquée une grande avancée dans cette région dont la quasi-totalité des hôpitaux dépendaient des livraisons d’oxygène venues de Douala ou de Yaoundé.

Une logistique coûteuse, lente et risquée qui a montré ses limites lors de la pandémie de Covid-19 et l’épidémie de choléra. Le Minsanté se souvient que ces deux crises sanitaires ont mis en lumière la faiblesse de la région à s’approvisionner en oxygène médical, une ressource pourtant vitale dans la prise en charge des malades.

Sur le plan  national, une enquête menée en 2021 montrait que sur 27 hôpitaux de référence, seuls trois ( tous à Yaoundé ), possédaient une centrale d’oxygène, 42% et 51% des hôpitaux de district disposaient au moins d’une bouteille d’oxygène ou de concentrateurs. Or, selon le Minsanté, les besoins nationaux en oxygène médical sont estimés à 162,4 millions de litres par mois surtout dans les hôpitaux de district.

La nouvelle centrale de Limbe doit désormais garantir une production locale d’oxygène médicale à haute pureté, disponible en continu pour alimenter les services essentiels de l’hôpital : blocs opératoires, unités de soins intensifs, néonatologie, et autres départements. Une avancée qui reste néanmoins fragile : « l’apport de cette nouvelle centrale est considérable mais elle ne peut pas couvrir toute la demande régionale. Pour le prétendre, il faudra multiplier ces installations et surtout assurer la maintenance de ces équipements », prévient Dr Paul Tassé, médecin généraliste.

Selon Unitaid, en Afrique subsaharienne, les obstacles à l’accès durable à l’oxygène médical demeurent nombreux tel le faible niveau d’innovation, les problèmes d’entretien et d’alimentation électrique, des problèmes de logistique, les pénuries des professionnels qualifiés.

Conscient de ce défi, le Minsanté a invité le personnel et les communautés locales à être les « gardiens vigilants » de cette infrastructure. Infrastructure dont la survie repose sur la formation d’ingénieurs biomédicaux et la mise en place d’un financement pérenne pour la maintenance.

Symbole fort d’espoir et un pas de géant vers l’autonomie sanitaire régionale, la centrale de Limbe pourra désormais administrer rapidement l’oxygène thérapeutique aux patients nécessitant ce soutien vital : tels les enfants pneumoniques, les femmes en détresse respiratoire ou patients chroniques. Prouesse qui à coup sûr permettra selon Manaouda Malachie d’améliorer significativement les taux de survie, la qualité des soins et la durée de rétablissement, en particulier dans les cas d’urgences ou de soins intensifs.

Mélanie Ambombo

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