Enseignements secondaires : Transport scolaire, un supplice pour les familles à Douala

« Enseignements secondaires» (4/5) Dans un contexte où les parents s’acquittent déjà des frais exigibles et financent parfois les cours de répétitions pour combler les lacunes de leurs enfants, le transport scolaire vient davantage alourdir la facture.  A Douala, cette énième poche de dépense est un véritable défi pour de nombreuses familles.

 Au quartier Logbessou dans le 5e arrondissement de Douala, Salamoutou, une femme divorcée de 46 ans, vit au quotidien le casse-tête du transport scolaire. Un calvaire que subit chaque matin, cette mère de deux enfants scolarisés au Lycée Bilingue de Logpom, à environ 3 km du domicile familial.  « Le chemin jusqu’au lycée est un challenge de plus. En réalité, le transport est un défi financier, après les autres dépenses », explique cette mère qui regrette surtout l’absence d’un lycée bilingue général à proximité de son domicile.

À Douala, le coût du transport des élèves autant du primaire que des enseignements secondaires publics, s’ajoute à une longue liste de charges déjà lourdes (frais exigibles et parfois frais d’examen, cours de répétitions…) qui compliquent encore plus, le quotidien des familles. « Je dépense une grande partie de mon revenu mensuel pour assurer le transport de mon fils. S’il m’arrive de ne pas avoir l’argent, il reste à la maison et cela me peine beaucoup », confie Fidèle Ze, parent d’élève, obligé de débourser en moyenne 800 F Cfa par jour pour le transport de son fils.

A en croire le Dr. Anicet Mbongo, économiste, le problème du transport scolaire est un reflet plus large de la crise socio-économique que connaît le Cameroun. « Le coût élevé du transport scolaire est un obstacle majeur à l’accès à l’éducation des enfants surtout ceux du secteur public », analyse l’économiste. Il ajoute à cet effet que « les autorités doivent trouver des solutions innovantes pour réduire les coûts du transport scolaire et rendre l’éducation accessible à tous les enfants. »

A côté de la facture salée du transport scolaire qu’endossent les parents, les enfants en paient aussi le prix.  Réveils très matinaux, longues attentes aux bords de la route, fatigue répétée, entre autres. « J’arrive souvent à l’école fatigué parce que je dois me lever tôt et mettre beaucoup de temps en route pour trouver un taxi. Il y a un collège privé à proximité, mais les frais de scolarité sont très élevés », déplore cet élève.

Or, explique César Abomo, psychologue en éducation, cette situation dépasse la simple question de transport. Elle peut de ce fait toucher le bien-être psycho-émotionnel de l’enfant et entraîner des conséquences profondes sur son développement académique.  « La fatigue et le stress constant peuvent affecter le bien-être mental des enfants, entraîner des troubles de l’attention, de la mémoire et même des troubles d’anxiété surtout lorsque l’enfant doit au quotidien parcourir de longues distances », relève César Abomo.

Hyacinthe TEINTANGUE

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Transport scolaire

Education

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