Vih/Sida : la peur du dépistage, un frein chez les jeunes

Malgré des progrès enregistrés dans la lutte contre le Vih-Sida au Cameroun, le dépistage reste une phobie qui entrave l’accès des jeunes aux soins. Une réticence qui menace les acquis.

À l’unité de prise en charge du Vih/Sida de l’Hôpital de district de la Cité des palmiers à Douala, ce 1ᵉʳ décembre 2025, la scène est révélatrice.  Des jeunes accompagnés, hésitent à franchir le pas du dépistage. Parmi eux, Marinette, 20 ans, confie qu’elle aurait fait demi-tour sans la présence de son amie.

A Douala, les journées de dépistage attirent des jeunes, mais ces pics restent ponctuels. La majorité ne franchit pas le seuil d’un centre de dépistage. Même avec la gratuité et la disponibilité des traitements, la peur et la stigmatisation restent des obstacles majeurs. « Beaucoup ne viennent que lorsque la peur d’avoir attrapé quelque chose devient trop forteMais à ce stade, il est souvent trop tard pour une prévention efficace », déplore l’infirmière Ernestine Mengue.

Une phobie qui retarde le test de dépistage, selon Junior Ngono, un pair éducateur.  « La peur fait retarder le test. Les jeunes découvrent leur statut trop tard. Entre-temps, ils peuvent transmettre le virus sans le savoir », explique-t-il.

Selon le rapport CAMPHIA 2024, la prévalence du Vih chez les personnes âgées de 15‑49 ans est de 2,6 %. La suppression de la charge virale atteint 72 % pour tous les personnes vivant avec le Vih (Pvvih) diagnostiquées et 93 % pour ceux sous traitement antirétroviral.

Ces chiffres illustrent un succès de la riposte nationale. Mais chez les 15‑24 ans, la peur du test reste un obstacle majeur. Beaucoup de jeunes ne connaissent pas leur statut. Les femmes sont quatre fois plus exposées que les hommes. « Un dépistage précoce permet de réduire la charge virale et de démarrer le traitement avant les complications. Retarder le test complique la prise en charge et augmente la transmission. », explique, Dr Paul Tassé, médecin généraliste.

Pour endiguer cette pandémie, Dr Paul Tassé recommande de rapprocher le dépistage des jeunes, créer des espaces sûrs, renforcer la sensibilisation scolaire et communautaire, lutter contre la stigmatisation. « Tant que la peur dominera, la prévention restera incomplète. Les acquis récents risquent de s’éroder, et l’épidémie continuera de circuler silencieusement parmi les jeunes », conclut Dr Paul Tassé.

 Hyacinthe TEINTANGUE

Mots – clés :

Santé

VIH-SIDA

Jeunes

 

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