Accès à internet : plus de 108 milliards F Cfa pour rallonger la fibre optique au Cameroun
Malgré un réseau de près de 12 000 Km, l’accès au haut débit d’Internet reste limité pour plus de la moitié de la population camerounaise.
Selon le ministère des Postes et télécommunications (Minpostel), entre 2011 et 2016, environ 6 000 km de fibre optique ont été installés sur le territoire camerounais dans le cadre des deux premières phases du projet backbone transmission (l’infrastructure centrale du réseau de télécommunications d’un pays…permettant d’acheminer d’importants volumes de données sur de longues distances, Ndlr). La troisième phase réalisée en 2017 a permis d’ajouter 4 000 km supplémentaires, portant le linéaire national à environ 10 000 km, auxquels s’ajoutent 1 000 km déployés le long du pipeline Tchad-Cameroun et les 812 kilomètres de fibre aérienne rétrocédés par Eneo à l’État le 30 octobre 2023.
Malgré cette expansion de plus de 12 000 kilomètres de fibre optique, l’accès à Internet reste limité au Cameroun. À Yaoundé, en pleine capitale du Cameroun, télécharger un simple document peut encore prendre plusieurs minutes, voire des heures. Les données publiées début 2026 par DataReportal confirment ce décalage en mentionnant que le taux de pénétration d’internet plafonne à environ 45 %, soit 12,6 millions d’utilisateurs pour près de 30 millions d’habitants.
« Pourtant en théorie, un réseau de 12 000 km de fibre optique est largement suffisant pour assurer une bonne connectivité nationale. Dans plusieurs pays, des réseaux de taille comparable permettent un accès internet performant », soutient l’ingénieur en télécommunications Paul Tamno. Et de poursuivre : « Mais encore faut-il que cette fibre soit accessible aux utilisateurs finaux. Or, au Cameroun, une grande partie de cette infrastructure sert surtout à transporter les données entre les grandes villes, sans toujours atteindre les ménages. »
Dans la même veine, l’ingénieur des télécommunications Samuel Olivier Mpouma, pense que tout coince au niveau du « « dernier kilomètre », cette portion finale du réseau qui relie la fibre optique principale aux utilisateurs (maisons, entreprises, administrations). D’après lui, il s’agit de la partie la plus coûteuse et la plus complexe à déployer, notamment dans les zones rurales ou les quartiers périphériques. À cela, il ajoute un autre frein structurel : l’électricité.
Pour tenter de combler ce retard, Paul Biya a signé le 6 mars 2026, un décret autorisant le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à mobiliser 108,395 milliards F Cfa pour financer la quatrième phase du backbone national. L’objectif étant de corriger ces disparités, en densifiant les réseaux de distribution, afin de raccorder plus efficacement les administrations, les entreprises et les zones rurales encore peu desservies et même offrir des interconnexions avec les États voisins. Face à cette avancée, Samuel Olivier Mpouma conseille l’Etat à « se conformer aux normes internationales. Cela commence par accéder à des formations de qualité(…) S’arrimer aux standards internationaux, utiliser des équipements 5G sur toute l’étendue du territoire et augmenter le nombre d’IXP pour réduire la latence. »
Désiré Domo







