Agriculture : à l’Ouest, les entrepreneurs agricoles misent sur la mécanisation

Développer leurs exploitations est le principal objectif de ces cultivateurs face à la pénurie et au coût élevé de la main-d’œuvre.

Parti d’1 hectare en 2008 à 8 hectares en 2016, Tata Bakari exploite désormais un champ de 40 hectares à Foumbot, dans le département du Noun, région de lOuest au Cameroun. Il y cultive entre autres le maïs, la banane plantain et le haricot.

Aujourd’hui âgé de 35ans, Tata Bakari ambitionne atteindre 300 hectares grâce à la mécanisation. « Pour un jeune comme moi, il est temps de se mettre au travail », confie-t-il, en précisant qu’« avant, le coût du labour pouvait atteindre 450 000 F Cfa par hectare. Avec les tracteurs, nous pouvons descendre à moins de 200 000 F Cfa. Cela change complètement les perspectives ».

Cette vision d’augmenter la productivité agricole via la mécanisation est partagée par plusieurs producteurs de la région. Le cas de Clément Dongue, producteur de pommes de terre dans le groupement Bafou, dans la Menoua, à l’Ouest, qui trouve désormais crucial de miser sur cette technologie. Pour cause, la main-d’œuvre manuelle se fait de plus en plus rare et coûteuse.

Ces entrepreneurs voient en effet en la mécanisation, un moyen d’augmenter leurs superficies cultivables, de sécuriser leurs calendriers agricoles et de réduire les coûts de production. Pour soutenir ces ambitions, ils disent compter sur l’antenne régionale du Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema) de l’Ouest.

Selon Bruno Keufack, chef d’agence régionale du Ceneema Ouest, l’Etat a doté cette région d’engins lourds tels que des bulldozers, tractopelles, niveleuses, pelles chargeuses, excavatrices, destinés aux travaux d’aménagement. Tandis que pour le transport du matériel, des produits agricoles et la maintenance, de gros véhicules automobiles tels que des camions-bennes, des camions-citernes et des camions-ateliers ont été offerts « à la carte » aux entrepreneurs agricoles.

La mécanisation constitue donc, selon Jean-Pierre Nguefack, expert agricole, un enjeu majeur pour le développement agricole. Car elle « ne se limite pas à réduire la pénibilité du travail. La mécanisation permet d’optimiser l’utilisation des terres, de régulariser le calendrier cultural et de sécuriser la production face aux aléas climatiques », précise Jean-Pierre Nguefack, avant d’ajouter que « pour que cette transition soit réussie, il est indispensable que les producteurs soient formés à l’usage et à l’entretien des équipements, et que l’accès au financement soit facilité ». D’où la préconisation d’un équilibre entre la disponibilité des machines, la formation des opérateurs et l’accompagnement technique, afin que « les gains en productivité se traduisent effectivement en revenus durables pour les entrepreneurs agricoles », a confié Serge Gautier Fofou, ingénieur agronome.

Aurélien Kanouo Kouénéyé

Mots – clés :

Ouest

Agriculture

 

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