Aviculture : A l’Ouest, les producteurs et les consommateurs suffoquent

Une situation liée à l’inflation des prix des intrants alimentaires des volailles qui a entrainé une hausse des coûts des œufs de table sur le marché, qui exacerbe les ménages.

En juillet 2024, Martin Takoudjou a perdu plus de la moitié de son cheptel de 2 000 pondeuses. A l’origine de ce drame, la flambée des prix des intrants alimentaires des volailles. En effet, explique cet éleveur, le prix du soja et du maïs par exemple, est respectivement passé de 6 000 à 8 000 F Cfa et de 50 à 180 F Cfa, pour atteindre 280 F Cfa le kilogramme actuellement. « L’élevage des pondeuses est très exigeant. Il faut respecter les heures de nutrition pour éviter la chute des pontes », dit-il. Face à la pression de sa banque, il a décidé de mettre un terme à son activité en liquidant le reste du cheptel.

Un an plus tard, cet ancien aviculteur a toujours des engagements vis-à-vis de ses créanciers, malgré la liquidation de certains de ses biens immobiliers. Selon Déchalèse Gasparine Wagang, cheffe de service des enquêtes et des statistiques à la délégation régionale du ministère l’Elevage, des pêches et des industries animales de l’Ouest, plusieurs acteurs de cette filière ont abandonné leur activité à l’Ouest, l’un des grands bassins de production. Cette situation est en partie liée à la pandémie Covid-19, à la grippe aviaire en 2022 et à la crise ukrainienne qui a considérablement perturbé la chaîne d’approvisionnement.

Cette conjoncture a des conséquences sur la disponibilité des œufs de table sur le marché. Actuellement, une unité qui coûtait auparavant 75 F Cfa, est désormais vendue entre 100 et 125 F Cfa chez le détaillant. Cette hausse a contraint Suzanne Kuété, habitante de Bafoussam à remplacer cette source de protéines par du pain au chocolat ou au beurre pour le goûter de ses trois enfants. « Il faut faire des calculs pour ne pas dépasser les prévisions budgétaires mensuelles. Dans un contexte de flambée des prix des produits de première nécessité, les ménages sont exposés à la crise alimentaire, avec ses conséquences sur la santé », regrette-t-elle.  Dans les fermes, les producteurs vendent l’alvéole de 30 œufs à 2 000 F Cfa, voire 2 500 F Cfa, selon la taille.

Dans un autre article, Gasparine Wagang notait déjà une baisse de 251.880 têtes de pondeuses en 2023, qui est passé de 3 703 880 en 2022 à 3 451 999 têtes. Elle le justifie par le vieillissement des sujets et la délocalisation de certaines fermes vers les régions du Centre et du Littoral. D’après le Programme économique financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice 2025 présenté par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, le Cameroun a produit 95 501 tonnes d’œufs de table au 1er décembre 2024. Un chiffre loin des 123 100 tonnes enregistrées en 2023, soit une baisse de 27 559 tonnes.

Aurélien Kanouo Kouénéyé

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