Cacao : la production toujours abondante malgré la chute du prix

Après deux saisons exceptionnelles qui avaient transformé le quotidien des familles rurales, les prix de cette fève replongent. En quelques jours, le kilogramme a perdu jusqu’à 300 F Cfa au port de Douala et est tombé à 1 500 F Cfa dans certains bassins de production. Une baisse soudaine qui inquiète les planteurs et fragilise les projections officielles d’une campagne annoncée prometteuse.

Dans plusieurs villages des région du Centre et Sud, la nouvelle s’est répandue en quelques heures : « Le cacao est redescendu à 1 500 F Cfa ». Un chiffre qui fait l’effet d’un retour brutal à la réalité pour des producteurs encore portés par deux années de prix records. Une période bénie durant laquelle le cacao avait changé des vies avec pour effets, les toitures rénovées, les dettes enfin réglées, la construction de nouvelle maison. Aussi, de jeunes sont revenus au village pour la création des plantations. On parlait même d’une « renaissance » du cacao camerounais.

Mais depuis début novembre, le marché s’est retourné. Selon le Système d’information des filières (Sif) de l’Office national du cacao et du café (Onecc), les prix au port de Douala ont glissé entre 2 000 et 2 300 F Cfa/kg le 25 novembre 2025,  soit 100 à 300 F Cfa perdus en neuf jours, après une première chute de 500 à 600 F Cfa/kg le 4 novembre 2025. Et comme toujours, cette baisse portuaire s’est immédiatement répercutée sur les prix bord champ.

Pour les producteurs, ce retournement de tendance tombe au pire moment. À l’approche de la fin des pluies, ils s’attendaient à une remontée progressive des prix, grâce à l’assèchement des pistes et à la réduction du cout du transport. Mais cette année, la mécanique s’est grippée. Le marché international tire les prix vers le bas, neutralisant l’effet saisonnier habituellement favorable.

Cette situation met en difficulté les prévisions officielles. Le gouvernement avait annoncé des prix moyens compris entre 3 200 et 5 400 F Cfa/kg pour la campagne 2025-2026. Une ambition désormais contestée par les signaux du marché. Sur le plan international, les analystes anticipent un excédent mondial d’environ 186 000 tonnes cette saison, un surplus rare après deux années de déficit. Une abondance qui exerce une pression baissière sur les cours… et sur les revenus des planteurs camerounais.

Sur le terrain, la déception est vive. « Nous nous sommes habitués à bien vendre  et à vivre mieux », confie un jeune cacaoculteur de Batschenga dans la Lékié. Beaucoup nourrissaient encore l’espoir que la campagne en cours confirmerait la dynamique enclenchée depuis deux ans.

Aujourd’hui, l’inquiétude remplace l’enthousiasme. Les planteurs redoutent que la chute se poursuive, remettant en cause les progrès réalisés et replongeant les familles dans l’incertitude.

Mélanie Ambombo

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Exportation

Cacao

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