Climat : à Yaoundé, les pluies excèdent de près de trois fois la normale

Alors que le pays traverse traditionnellement sa période sèche, plusieurs villes de diverses régions enregistrent des précipitations inaccoutumées. Un phénomène que l’Onacc impute à un dérèglement climatique de plus en plus perceptible.

À l’aube du 11 février 2026, Delphine scrute le ciel de Yaoundé avec inquiétude. Comme chaque année, elle a préparé des boissons ensachées, communément appelées sucettes au Cameroun. Soigneusement rangée dans une glacière, Delphine compte les vendre dans une école à Ekekom, un village situé à environ 36 km de Yaoundé, dans l’arrondissement de la Lékié, département de Sa’a , à l’occasion de la fête de la Jeunesse.

D’ordinaire, le soleil fait fondre les hésitations et grimper les ventes. Mais ce matin-là, une pluie serrée tambourine sur les toits. L’averse dure, contraignant Delphine à se rendre tardivement à son lieu de commerce. Finalement, le constat est sans appel : la moitié de sa marchandise rentre. « Les enfants achètent quand il fait chaud. Là, ils grelottaient », lâche-t-elle, fataliste.

Depuis janvier 2026, ces scènes se répètent dans le « Grand Sud ». D’ailleurs, les données de la météorologie nationale y confirment une pluviométrie excédentaire en pleine saison sèche. À Yaoundé par exemple, une pluviométrie de 52,3 mm a été enregistrée en janvier, alors que la normale est de 14,6 mm. Soit une hausse de 37,7mm, c’est-à-dire, près de trois fois la normale climatologique.

La ville de Kribi elle, cumule 109,6 mm de pluviométrie pour une moyenne de 65 mm.  « Ces données représentent respectivement les cumuls de pluies observés en janvier 2026 et les normales climatologiques calculées sur 30 ans (moyenne des cumuls de janvier sur la période 1991–2020) pour lesdites villes. Elles permettent de mesurer l’écart entre les précipitations observées en janvier 2026 et les valeurs normales, afin d’identifier un excédent ou un déficit pluviométrique », explique Ramses Landry Bell Epipe, Ingénieur de la Météorologie /Prévisionniste.

Au-delà de ces régions, des excédents sont également observés dans le Littoral (Douala), le Sud-Ouest (Tiko) et jusque dans la partie sud de l’Adamaoua, notamment à Banyo, Tibati et Meiganga. Une anomalie qui interroge autant qu’elle surprend.

Dans une note spéciale, l’Observatoire national des changements climatiques (Onacc) évoque une « anomalie positive significative » et prévient que les pluies pourraient se poursuivre cette semaine (du 16 au 22 février 2026). Mais l’institution insiste : ces averses ne marquent pas le démarrage de la saison des pluies. Pour elle, cela est dû à un enchevêtrement de facteurs océaniques et atmosphériques et cite entre autres, l’influence du Phénomène de la Niña, capable d’intensifier les précipitations et de multiplier les épisodes pluvieux hors saison dans le sud du pays.

Désiré Domo                                                                                                                                          

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