Corruption : le niveau du Cameroun toujours élevé en 2025

Avec un score de 26/100 dans l’Indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International, le pays stagne parmi les plus mal classés. Ceci malgré un dispositif institutionnel étoffé et des budgets dédiés.

Malgré la multiplication des institutions de lutte contre la corruption, le Cameroun reste parmi les pays les plus mal classés au monde. Selon Transparency International, le pays affiche un score de 26/100 dans l’Indice de perception de la corruption (Ipc) 2025, par ailleurs identique à celui de 2024.

Classé 142e sur 182 pays en 2025, le Cameroun a reculé de deux places en 2024. Pour l’organisation, tout score inférieur à 50 traduit un niveau élevé de corruption dans le secteur public. Le Cameroun demeure ainsi dans la zone à haut risque, sans amélioration notable.

La situation n’est pas nouvelle. En 1998, soit trois ans après la création de l’Ipc, Transparency International classait déjà le Cameroun dernier sur 85 pays, le désignant comme le plus corrompu au monde. Près de trois décennies plus tard, les indicateurs restent préoccupants et témoignent d’une stagnation des réformes engagées.

Pourtant, l’État s’est doté au fil des années d’un arsenal institutionnel conséquent : Commission nationale anti-corruption (Conac), Agence nationale d’investigation financière (Anif), Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) et le Tribunal criminel spécial (Tcs). La Conac bénéficie à elle seule, environ 2 milliards F Cfa par an. Malgré ces moyens, les résultats apparaissent limités.

Dans son 14e rapport publié en août 2025, la Conac évalue à 4,06 milliards F Cfa les pertes liées à la corruption en 2024. En 2023, le préjudice atteignait 114 milliards F Cfa, contre 4,62 milliards en 2022. Ces écarts importants interrogent sur la constance des mécanismes de détection et d’évaluation. Le rapport relève également un déficit persistant de redevabilité. Sur 384 collectivités territoriales décentralisées, seules six ont transmis leurs rapports d’activités en 2024.

Les secteurs les plus exposés demeurent les marchés publics, les collectivités territoriales, les régies financières, notamment les douanes et les impôts, le foncier et certaines entreprises publiques. Les pratiques recensées sont récurrentes. Il s’agit entre autres des surfacturations, des paiements pour services non rendus, des détournements directs et ententes illicites dans l’attribution des marchés.

Pour justifier l’enlisement de la corruption, des experts accusent une indépendance judiciaire insuffisamment garantie et un faible taux de recouvrement des avoirs détournés. « Le manque d’une agence dédiée au recouvrement des avoirs illicites ou d’un cadre juridique complet pour leur rapatriement accentue la vulnérabilité du système de lutte contre la corruption au Cameroun », reconnait Dr Amadou, expert en gouvernance.

Dr Jean Ananga, économiste et spécialiste en politiques publiques souligne que ce phénomène implique de lourdes conséquences économiques. « Elle (la corruption) renchérit le coût des infrastructures, ralentit l’exécution des projets et fragilise la confiance des investisseurs. Elle pèse également sur les finances publiques. Sur le plan social, elle alimente le sentiment d’injustice et creuse les inégalités », explique-t-elle.

Hyacinthe TEINTANGUE

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