Éducation : plus d’un milliard F Cfa pour les infrastructures scolaires à l’Ouest

Alors que la région est confrontée à un déficit d’infrastructures scolaires, l’État affecte en 2026, une dotation financière aux collectivités territoriales décentralisées afin d’améliorer l’offre éducative. Cette mobilisation de ressources soulève cependant la question de la capacité des collectivités à conduire efficacement ces projets.

Fonctionnel depuis 2017, le Collège d’enseignement technique industriel et commercial (Cetic) de Djiogo, à Djebem dans le département du Koung-Khi, dans la région de l’Ouest n’a toujours pas intégré son site définitif, faute de bâtiments achevés. Ses 74 apprenants, répartis dans trois spécialités à savoir : électricité(F3), maçonnerie(F4) et industrie d’habillement (IH) ; suivent les cours dans les locaux d’une école publique voisine. Une situation qui affecte directement la qualité de l’enseignement, en particulier dans un établissement à vocation technique. « Nous sommes dans l’enseignement technique. L’essentiel de la formation reste théorique, faute d’ateliers et d’équipements adaptés », déplore Calvin Noula Wete, directeur de l’établissement.

Ce cas illustre une réalité largement partagée dans cette région, où de nombreux établissements scolaires sont confrontés à l’insuffisance ou à la vétusté des infrastructures. Selon la programmation officielle de la passation et de l’exécution des marchés publics, sur une enveloppe globale de 28,29 milliards F Cfa destinée à financer des projets structurants dans l’ensemble des départements de l’Ouest, plus d’un milliard F Cfa est consacré à la construction, à la réhabilitation et à l’équipement des établissements scolaires, sous la maîtrise d’ouvrage des collectivités territoriales décentralisées (Ctds).

Le Conseil régional de l’Ouest capte une part importante de ces ressources. Les projets portent notamment sur la construction de salles de classe, la réhabilitation de blocs administratifs, la réalisation de forages en milieu scolaire ainsi que l’acquisition de mobilier didactique et de matériel scientifique. Les investissements destinés aux lycées et aux Cetic représentent à eux seuls plusieurs centaines de millions F Cfa.

Pour Joseph Fonkoua, expert en décentralisation, ces financements constituent « une réponse nécessaire, mais encore insuffisante face à l’ampleur du déficit ». Il insiste surtout sur l’enjeu de la maîtrise d’ouvrage : « La réussite dépendra de la capacité des collectivités à planifier, exécuter et suivre les projets, dans un contexte où toutes ne disposent pas encore des ressources techniques suffisantes. »

Martin Kamdoum partage cette prudence. L’acteur de la société civile salue l’effort budgétaire tout en appelant à garantir la qualité des infrastructures, leur entretien et leur accessibilité, ainsi qu’un suivi citoyen effectif des chantiers. « Dans une région confrontée à un déficit historique en équipements scolaires, la montée en puissance des Ctds apparaît comme un levier majeur, dont l’efficacité reposera autant sur les moyens financiers que sur les capacités de gestion et de gouvernance locale », observe-t-il.

Aurélien Kanouo Kouénéyé

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Ouest

MINESEC

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