Est : La crise postélectorale fragilise l’Education de base à Mandjou
Du fait de la crise postélectorale, cette administration est parmi les plus touchées avec la perte de plus de 18000 bulletins de note destinés aux établissements scolaires, une vingtaine de son personnel sans abri et toutes les archives brulées dans l’incendie de l’Inspection d’arrondissement par les manifestants.
La vingtaine du personnel des services de l’inspection d’arrondissement de l’Education de base (IAEB) de Mandjou, localité située au Nord de la ville de Bertoua, région de l’Est, est désormais entassée dans une salle de classe à l’école publique bilingue située à quelques kilomètres de son site, réduit en cendres par les manifestants lors de la crise postélectorale. « Nous n’avons pas encore un site, mais on nous a offert cette salle de classe depuis le 03 novembre 2025. On se débrouille ici en attendant », confie Alain, un personnel qui regrette « qu’en dehors de quelques chaises, le nouveau site ne dispose pas du matériel de travail ».
Au-delà du personnel, l’IAEB de cette localité est devenue l’ombre d’elle-même. Des documents et le matériel du bureau en décombres, éparpillés, constituent ce qui reste de cette administration qui s’occupe des écoles primaires et maternelles dans cette zone d’éducation prioritaire (ZEP). « Nous partageons le même bâtiment avec la sous-préfecture de Mandjou. Dans la journée du 27 octobre 2025, les troubles ont commencé au carrefour, ensuite vers la sous-préfecture où les manifestants avant d’incendier, ont d’abord détruit tout sur leur passage », raconte Rigobert Akoumou, chef du bureau des affaires générales (C/BAG).
Ampleur de la perte
D’après Rigobert Akoumou, les archives des finances, les comptes d’emploi, les télédéclarations, les livres de sécurité sont partis en fumée. « Ce que nous déplorons, c’est le stock des bulletins de note qui était déjà en voie d’être dispatchés dans les écoles. Nous avons commandé 18 000 bulletins pour l’effectif d’environ 18 000 élèves dans les établissements publics de l’arrondissement », regrette-t-il.
Une calamité qui n’a pas laissé la société civile indifférente en ce qui concerne l’éducation. A en croire Bernard Gaétan Bangda, coordonnateur de Moabi Think Tank, « cet incendie compromet l’année scolaire dans cet arrondissement ». De son côté, Samuel Mpiam de Global Education Support (GES) estime que cette situation malheureuse questionne le fonctionnement de notre système éducatif notamment en ce qui concerne la qualité des infrastructures. « Le bâtiment de l’Inspection n’avait aucune sécurité. Il est situé en bordure de la route sans barrière. Ce qui a facilité l’accès aux manifestants. Plusieurs écoles sont dans la même situation d’insécurité. Il faut sécuriser les établissements et les administrations scolaires », conclut-il.
Classé ZEP, l’arrondissement de Mandjou compte 65 écoles primaires privées et publiques. Au niveau du public, ils y existent 28 écoles primaires, une école primaire inclusive et 12 écoles maternelles. Notons que dans la même localité, d’autres administrations publiques ont été réduites en cendres. Il s’agit de l’hôtel de ville, le commissariat de sécurité publique et l’antenne locale d’Elecam.
Sébastian Chi Elvido à l’Est







