Industrie manufacturière : les prix baissent de 0,4% au 3 trimestre 2025
Il s’agit là d’une quasi-stabilité qui tranche avec les fortes baisses observées en 2023 et la phase d’ajustement de 2024, selon les données de l’Indice des prix à la production industrielle.
Au troisième trimestre 2025, l’industrie manufacturière camerounaise montre des signes d’accalmie. Les prix à la production ont légèrement reculé de 0,4 % par rapport au trimestre précédent, selon les données de l’Indice des prix à la production industrielle (Ippi). Une évolution que l’économiste, Dr Paul Fabrice Awouda, assimile à une stabilité relative du secteur. Une performance dans l’industrie manufacturière qui contraste avec les fortes baisses enregistrées les années précédentes.
Les branches les plus concernées par ce léger repli restent les industries chimiques, pharmaceutiques et plastiques, dont les prix baissent de 1,2 %, ainsi que la fabrication de matériaux minéraux (-1,6 %). Une évolution qui selon l’analyse du Dr Paul Fabrice Awouda, ne traduit pas une crise, mais plutôt une diminution des coûts des intrants, notamment dans les dérivés chimiques et le plastique. « Les entreprises manufacturières bénéficient aujourd’hui de chaînes d’approvisionnement plus fluides et de coûts de matières premières mieux maîtrisés », explique l’économiste industriel.
Cette situation est bien différente de celle observée en 2023, année marquée par une baisse plus prononcée des prix à la production manufacturière, estimée à –1,4 % en glissement annuel. Plusieurs branches clés, notamment la métallurgie, l’agroalimentaire et les matériaux minéraux, avaient alors été fortement touchées.
En 2024, au quatrième trimestre, les prix à la production manufacturière ont augmenté de 4,9 % en glissement annuel, marquant une rupture nette avec la tendance baissière de 2023. Toutefois, cette évolution ne s’est pas traduite par une hausse uniforme. Certaines activités manufacturières ont continué d’enregistrer des baisses ponctuelles. « En 2024, le secteur manufacturier n’était plus dans une logique de chute généralisée des prix, mais dans une phase de rééquilibrage, avec des branches en reprise et d’autres encore sous pression », explique Dr Paul Fabrice Awouda,
La lecture des données sur trois ans montre ainsi une trajectoire claire : 2023 baisse prononcée des prix manufacturiers ; 2024 sorties de la phase de contraction, avec une hausse annuelle mais des disparités internes et 2025 stabilisation progressive des prix. « La quasi-stabilité observée en 2025 pourrait, à terme, limiter la hausse des prix à la consommation », analyse Dr Paul Fabrice Awouda. Il conclut que « Si la tendance se maintient, les ménages pourraient bénéficier d’une meilleure stabilité des prix des biens manufacturés ».
Mélanie Ambombo







