Inflation : En baisse, le Cameroun enregistre un taux de 3,5% en 2025
Après avoir atteint 7,4 % en 2023 et 4,5 % en 2024, le taux d’inflation a régressé de près de 1% en 2025 selon l’INS. Cependant, la hausse des prix des produits alimentaires, estimée à 7,0 %, demeure inquiétante.
En décembre 2025, les prix à la consommation ont reculé de 0,1 % par rapport au mois de novembre. Ceci principalement grâce à une baisse de 0,8 % des prix alimentaires, la première depuis janvier 2025, selon la note mensuelle sur l’évolution des prix à la consommation finale des ménages au Cameroun, publiée par l’Institut national de la statistique (INS) le 21 janvier 2026. « La baisse des prix alimentaires en décembre est un signe positif qui indique un retour à une meilleure stabilité après une période de perturbations. Cela pourrait ouvrir la voie à une inflation plus maîtrisée dans les prochains mois, si les facteurs structurels restent sous contrôle », analyse l’économiste Aïcha Bouba.
Sur l’ensemble de l’année 2025, l’inflation se chiffre à 3,4 %, légèrement supérieure au seuil communautaire de 3% fixé par la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Ce chiffre, bien qu’en diminution par rapport à 2024, souligne la persistance des pressions inflationnistes, notamment dans le secteur alimentaire, où les prix ont crû de 41,8 % depuis 2022. Selon l’INS, la dynamique observée de cette inflation reste principalement portée par les prix des produits alimentaires qui affichent un taux de 7,0%. « Cette période a été marquée principalement par la hausse importante des prix des produits alimentaires +41,8 % et des coûts de transport +35,8 % », précise l’INS dans son rapport.
Au cours de ces trois dernières années, l’inflation au Cameroun connaît une baisse progressive. Après avoir atteint un pic de 7,4 % en 2023, principalement en raison de la hausse des prix des produits alimentaires, cette tendance s’est inversée, avec un taux estimé à 4,5 % en 2024 et 3,5 % en 2025. Cependant, malgré cela, le coût de la vie reste élevé pour les ménages.
A en croire Donald Ze, spécialiste en macroéconomie, la lutte contre cette inflation liée surtout aux produits alimentaires nécessite des mesures structurelles pour améliorer la production locale et renforcer la résilience des circuits d’approvisionnement.
Les disparités régionales révèlent également des dynamiques contrastées. En 2025, le taux d’inflation le plus faible est enregistré à Maroua (2,2 %), tandis que Ngaoundéré et Bamenda enregistrent jusqu’à 4,5 %. Ces écarts selon l’INS s’expliquent par des différences dans la disponibilité des produits, la qualité des infrastructures logistiques et les coûts de transport. Mais d’après Donald Ze, « la réduction des inégalités régionales doit rester une priorité pour stabiliser l’économie à l’échelle nationale. »
Hyacinthe TEINTANGUE (Stagiaire)







