Insécurité : au Cameroun, les engins explosifs improvisés ont fait près de 100 morts en 2025

Des civils et des membres des forces de défense et de sécurité sont comptés parmi les 99 victimes de ces engins explosifs improvisés. Ce chiffre est largement supérieur aux 19 décès enregistrés en 2024, soit une hausse de 421 %.

Le Cameroun fait face à une intensification préoccupante de la menace liée aux engins explosifs improvisés (Eei). Selon les chiffres officiels de la Gendarmerie nationale, ces dispositifs ont causé la mort de 99 personnes en 2025, contre 19 en 2024, soit une hausse de 421 %. Parmi les victimes, figurent des civils et des membres des forces de défense et de sécurité.

Cette progression confirme l’ancrage durable des Eei comme outil tactique privilégié par les groupes armés opérant dans le pays. « La problématique de la pose des engins explosifs improvisés reste d’actualité mondiale et le Cameroun n’est pas épargné (…) Les Eei se sont imposés comme l’arme privilégiée des groupes terroristes dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord », souligne le général de brigade Elokobi Daniel Njock, directeur central de la coordination à la Gendarmerie nationale.

D’après le lexique du Service de la lutte antimines des Nations Unies (Unmas), un Eei est un dispositif fabriqué de manière artisanale à partir de substances destructrices, létales ou incendiaires, destiné à neutraliser, harceler ou déstabiliser une cible. Peu coûteux, faciles à dissimuler et difficiles à détecter, ces engins constituent une arme asymétrique redoutable, permettant à des groupes irréguliers de frapper aussi bien les convois sécuritaires que les populations civiles.

Cette hausse, selon des analystes, traduit une montée en sophistication des groupes armés et une capacité accrue à perturber les opérations militaires, les axes de circulation et la vie économique locale. « Ces chiffres traduisent une escalade de la violence qui fragilise davantage la stabilité nationale », estime Ernest Biyong, spécialiste en géostratégie et sécurité.


Dr Christine Mekougou, spécialiste en psychologie sociale explique en outre qu’au-delà de l’impact immédiat, cette menace entretient un climat d’insécurité durable dans les zones affectées. Tandis que les attaques répétées perturbent les déplacements, ralentissent les activités économiques et accentuent la vulnérabilité des communautés. « La lutte contre ces violences ne peut se limiter à l’aspect militaire. Elle doit également prendre en compte la résilience psychologique des populations », a-t-elle souligné.

Hyacinthe TEINTANGUE

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Insécurité

ENGINS EXPLOSIF

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