Milieu scolaire : 4 enfants décèdent en 10 jours au Cameroun
Entre le 9 et le 18 septembre 2026, au moins quatre enfants sont morts dans des établissements scolaires à Douala et Bafoussam. Les circonstances diffèrent d’un cas à l’autre, mais ces décès rapprochés interrogent les dispositifs de prévention, d’alerte et de prise en charge dans les écoles.
Le vendredi 18 septembre 2026, les réseaux sociaux se sont enflammés à la suite du décès de Ozanne Moukoko Essoe, une petite fille âgée de presque 12 ans. Cette élève en classe de 5e A au Collège de La Salle d’Akwa, dans l’arrondissement de Douala 1er aurait été victime d’une agression sexuelle alors qu’elle se trouvait dans l’enceinte de son établissement. Évacuée en urgence vers l’Hôpital Laquintinie de Douala, elle y est décédée peu après son admission.
Deux jours plus tôt, toujours à Douala, deux frères, Ezekiel, 6 ans, et El Fabio, 10 ans, ont aussi perdu la vie à quelques minutes d’intervalle après avoir présenté une fièvre soudaine et des malaises au sein de l’École primaire catholique de Ngwelle, à Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala 4e. Selon leurs proches, les deux enfants avaient quitté leur domicile le matin même, en bonne santé. Pris de vomissements, Ezekiel a été évacué vers l’Hôpital de district de Bonassama.
Ces phénomènes observés à Douala ne sont pas des cas isolés. Le 9 septembre 2026, Inaya Mbouo, une fillette de deux ans et demi, a été retrouvée inanimée, la tête ensanglantée, au pied d’un toboggan dans l’enceinte de l’École maternelle catholique de Koptchou, dans le quartier Haoussa à Bafoussam, dans la région de l’Ouest. Évacuée rapidement vers l’Hôpital de district de la Mifi, elle est décédée peu après.
Ces informations proviennent de la note d’information n° 150, du 22 septembre 2026, de l‘ONG Mandela Centre International, qui dénonce la répétition, en quelques mois, de drames impliquant des enfants en milieu scolaire, suivis de promesses ministérielles non tenues. Selon Blaise Ebana, psychologue, lorsqu’un enfant meurt dans une école, ce sont tous les autres enfants qui peuvent être exposés à un traumatisme. « Le silence ou l’absence d’accompagnement psychologique peut laisser des séquelles durables. La prise en charge ne devrait donc pas s’arrêter à l’évacuation de la victime ou à l’enquête sur les circonstances du décès », souligne t il.
L’ONG Mandela Center International déplore qu’elle « a été informé, avec indignation et vive préoccupation, du décès, en l’espace de dix jours depuis l’ouverture de l’année scolaire 2026-2027, d’au moins quatre enfants dans des établissements scolaires du territoire camerounais, ainsi que de la mort violente d’une enseignante le jour même de la rentrée ». Cette organisation déclare à cet effet que cette situation est due au manque de rigueur du gouvernement, qui n’agit pas avec assez de fermeté du fait des constats que des ministres se déplacent, s’indignent, menacent, puis disparaissent du dossier sans jamais rendre publiques les conclusions promises.
Selon Priscille Kenfack, enseignante dans une école privée à Douala, l’école doit avant tout être pensée comme un espace de protection. Pour elle, ces drames soulèvent plus largement la question de la capacité des établissements à prévenir, détecter et gérer les situations à risque avant qu’elles ne deviennent irréversibles. « Chaque établissement devrait disposer d’un protocole de sécurité clairement établi, avec des responsables identifiés, des exercices réguliers et un mécanisme obligatoire de signalement de tout incident grave », estime-t-elle.
Hyacinthe TEINTANGUE







