Nord-Ouest : octobre sous les eaux
Dans son dernier bulletin des prévisions météorologiques, la Direction de la météorologie nationale annonce des pluies normales à excédentaires avec un mois d’octobre à haut risque d’inondations et de glissements de terrain avant une sortie progressive de la mousson en novembre.
La région du Nord-Ouest pensait avoir tourné la page des inondations annoncées par l’Observatoire national sur les changements climatiques dans son bulletin de mars 2026 et montées en puissance en août et septembre. Malheureusement, elle ne sortira pas de la saison des pluies sans turbulences. Selon les prévisions octobre-novembre-décembre 2026 de la Direction de la météorologie nationale (DMN), les cumuls pluviométriques seront « normaux à excédentaires » sur l’ensemble de la région. La fin d’année s’annonce donc encore arrosée, avant de basculer brutalement vers la sécheresse.
Octobre est le point noir de ce dernier trimestre. Les services météorologiques prévoient un mois « globalement très abondant ». Dans une région au relief accidenté et fortement urbanisée dans les bas-fonds de Bamenda, Mezam, Bui ou Momo, ce scénario fait craindre le pire. « Inondations urbaines, glissements de terrain et coulées de boue » sont à redouter, prévient la DMN. Les sols, déjà saturés après le pic de la mousson, n’auront que peu de capacité d’absorption. « La vigilance est donc maximale pour les populations riveraines des cours d’eau et celles installées sur les pentes instables », recommandent les experts.
La décrue sera toutefois rapide. La transition vers la saison sèche s’amorcera dès novembre. La fin des pluies est datée avec précision : du 25 octobre au 5 novembre dans le Donga-Mantung, et du 5 au 15 novembre dans la Mezam, le Bui, le Boyo, le Momo, le Ngoketunjia et le Menchum. Dès la mi-novembre, place à l’harmattan.
Cette courte fenêtre impose une stratégie en deux temps aux producteurs. Pour les agriculteurs, octobre reste une aubaine pour les cultures de fin de cycle – maïs de deuxième saison, haricot, pomme de terre irlandaise et maraîcher. C’est le moment de maximiser les rendements, tout en planifiant déjà la récolte, le séchage et le stockage. « Tout retard exposera les récoltes au pourrissement avec l’arrivée de la sécheresse », avertit la DMN.
Pour les éleveurs, le fourrage vert et l’eau resteront disponibles jusqu’à fin octobre. Mais l’humidité persistante favorise les maladies du bétail : piétin, parasitoses et pneumopathies. Les vétérinaires recommandent de renforcer la prophylaxie et de constituer dès maintenant les réserves de fourrage pour la période de janvier à mars 2027.
Pour mémoire, à la même période en 2017, de fortes pluies avaient causé la mort de trois personnes et la destruction d’une vingtaine de maisons, laissant 55 sans-abri dans la région.
Désiré Domo







