Paul Biya : le nonagénaire de nouveau en course

Bien qu’absent de la scène publique depuis plusieurs mois, le président sortant Paul Biya âgé de 93 ans se prépare pour un 8ème mandat.

Il est de loin le candidat le moins visible des douze en lice pour le poste de président de la République. La dernière fois que le président sortant, candidat à sa propre succession, a quitté son palais remonte au 20 mai 2025, à l’occasion du défilé de la fête nationale. Depuis lors, Paul Biya, 93 ans, dont 43 ans au pouvoir, n’a plus été vu en public.

Excepté cette apparition, le 15 juillet dernier, alors qu’il recevait en audience le nonce apostolique au Cameroun. C’était deux jours après sa déclaration officielle de candidature, faite simplement à travers un message écrit diffusé sur ses pages sociales. Paul Biya affirmait par cette déclaration de candidature « répondre favorablement aux appels pressants qui montent des dix régions du pays et de la diaspora ». Et d’ajouter : « Soyez assurés que ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés. »

À la différence des autres candidats, Paul Biya n’a pas rendu public son programme économique et social pour un nouveau septennat. Cependant, en guise de mise en bouche, le ministre de l’Enseignement supérieur, par ailleurs secrétaire national à la communication du RDPC, a dépoussiéré le livre « Pour le libéralisme communautaire », écrit il y a plus de trente ans et qui résumait la pensée de Paul Biya. « On doit le rappeler, le penseur Paul Biya a lui-même clarifié la conception qu’il a du libéralisme communautaire. Il écrit : “les trois points cardinaux du libéralisme : la liberté d’entreprendre (le libéral), la fonction régulatrice d’un État démocratique (le communautarisme), le devoir de solidarité (l’Africain)” », a souligné le ministre Jacques Fame Ndongo le 30 juillet dernier à l’occasion d’un colloque universitaire consacré à cet ouvrage.

Pour Christophe Mien Zok, directeur des organes de presse du RDPC, « ce n’est pas la durée au pouvoir qui compte, mais les avancées réalisées pour le progrès et le bien-être des populations ». Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du RDPC, n’en pense pas moins, lorsque, répondant à Monseigneur Kleda qui décriait la gestion du président de la République, déclare : « Je voterai donc Paul Biya ! Il me semble être le seul à garantir la paix, la sécurité et les bonnes évolutions à notre pays, y compris certaines évolutions que vous souhaitez. Pour le reste, les Camerounais savent faire et ils le feront bien, y compris le choix de la sagesse, de la tempérance et du travail bien fait. »

En rappel, Paul Biya est arrivé au pouvoir en 1982 à la faveur de la démission de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Mais c’est en 1962 que Paul Biya est nommé chargé de mission à la présidence de la République par l’ancien chef de l’État Ahmadou Ahidjo. Il est alors âgé de seulement 29 ans et revient tout juste de France, où il a obtenu une licence en droit public à l’Institut des hautes études d’Outre-mer.

Paulin Mounyol

Cet article a été produit dans le cadre du projet Partenariat pour l’intégrité de l’information.

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