Produits agricoles : le Cameroun enregistre une chute de 4% au deuxième trimestre 2025
Après une hausse de 9,7 % au premier trimestre 2025, l’indice des prix des matières premières agricoles recule de 4,0 % au deuxième trimestre, selon la note de conjoncture économique du 2e trimestre 2025 du ministère des Finances.
Au deuxième trimestre 2025, les produits agricoles du Cameroun ont enregistré une chute globale de 4,0 % des prix avec des tendances contrastées des produits, indique la note de conjoncture économique du 2e trimestre 2025 du Ministère des Finances (Minfi) publiée le 17 janvier 2026. Une chute due au reflet des dynamiques mondiales et des mutations internes, après une hausse spectaculaire de 9,7 % au 1er trimestre. Selon le Minfi, « Cette situation s’explique par la baisse des cours des principaux produits agricoles exportés, à l’exception du coton brut dont les cours ont légèrement augmenté. En glissement annuel, cet indice affiche une baisse de 1,9% .»
A en croire Gildas Meva’a, économiste chercheur en développement rural, cette baisse des prix peut avoir des conséquences sur les petits exploitants agricoles, qui vivent souvent au jour le jour. Pour lui, il est important d’accompagner ces acteurs par des politiques de soutien, telles que l’accès facilité au crédit ou la mise en place de filières de transformation pour ajouter de la valeur aux produits locaux.
Toutefois, la note de conjoncture économique du 2e trimestre 2025 souligne une évolution contrastée de ces principaux produits agricoles exportés. Le cacao brut, principal produit d’exportation, voit ses prix diminuer de 3,1 % par rapport au trimestre précédent, à 9,4 dollars/kg (environ 5 300 F Cfa), en raison d’une demande mondiale en baisse, notamment en Asie. alors que selon les prévisions de 2025 le cacao devrait augmenter en moyenne de 5,3 %.
En revanche, le coton est vendu à 1,72 dollar/kg ( environ 960 F Cfa), en hausse de 1,2 %, mais en baisse annuelle de 9,5 %, à cause de l’offre accrue de la reprise de la production aux États-Unis, Brésil et Australie, avec une demande chinoise et européenne en recul.
Le café, lui, résiste mieux : le arabica baisse légèrement de 1,2 %, tandis que le robusta recule de 10,7 %. En revanche, en annuel, les cours du café arabica augmentent de 60,4 % et ceux du robusta de 16,3 %.
Selon Jean-Michel Taiwé, agroéconomiste, ces fluctuations mondiales soulignent la nécessité pour le secteur agricole camerounais de s’adapter face à la préférence des marchés. « La maîtrise de ces tendances est essentielle pour assurer la résilience des producteurs. Le gouvernement camerounais doit améliorer ses stratégies de gestion des marchés agricoles, en favorisant la diversification des cultures et en promouvant le développement de l’agro-industrie pour mieux saisir les opportunités à venir », analyse, Jean-Michel Taiwé.
Hyacinthe TEINTANGUE







