Société : Entre 2018 et 2020, 340 hommes ont demandé le divorce à Douala
Source; TPI-Douala_DataViz by ADISI-Cameroun

Violences hommes divorce conjugales Société : Entre 2018 et 2020, 340 hommes ont demandé le divorce à Douala

Violences hommes divorce conjugalesParmi les raisons majeures, l’on note l’infidélité, les violences et les sévices corporels, l’abandon de foyer conjugal, l’injure, la non-participation aux charges et la non consommation du mariage. Violences hommes divorce conjugales

« Le divorce est très difficile, très douloureux », finit par lâcher Gabriel K., le regard hagard, au bout d’un souffre. A l’aube de la cinquantaine, ce technico-commercial après une vingtaine d’année d’union avec sa compagne, âgée de 46 ans, épousée légalement en 2006, se retrouve célibataire. Le divorce entamé en mai 2019, pour abandon de foyer, a été prononcé au Tribunal de Premier degré de Douala-Bonanjo au mois d’août 2020.

Violences hommes divorce conjugales Parmi les raisons majeures, l’on note l’infidélité, les violences et les sévices corporels

Le tribunal a pris un an pour mettre un terme à cette histoire d’amour qui a donné naissance à deux enfants. Et le conflit conjugal a emporté, l’une des deux filles.  « J’ai d’abord constitué le dossier pour la garde de l’enfant. Mais quand l’enfant est décédé, j’ai demandé le divorce », confie Gabriel. Aujourd’hui, c’est un homme brisé, éloigné de son unique fille.  « C’est très difficile de se marier et aller demander le divorce, surtout avec une femme qu’on a beaucoup aimée. Autant ne pas se marier. Quand elle est partie j’ai essayé des voies de conciliation, en famille, même au niveau du service social, mais sans y trouver un terrain d’attente », déplore ce père.

Me Nestor Njamen, avocat au Barreau du Cameroun, arpente au quotidien les couloirs des tribunaux. Il n’est pas spécialisé en matière de divorce, mais, il est régulièrement consulté à ce sujet.  « Je n’ai pas de véritables statistiques, mais de par ma propre expérience, je peux affirmer qu’en terme de volume, les procédures de divorces occupent le second rang derrière les procédures sociales (contentieux employeurs-employés). Il est assez rare qu’au bout de deux mois, une connaissance ne vienne solliciter mes conseils », note-il.

Violences hommes divorce conjugalesTribunal

Violences hommes divorce conjugalesAu tribunal de Première Instance (TPI) de Douala Bonassama-Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala 4e, la section Droit Traditionnel, dénombre sur la pile des dossiers en cours d’enregistrement, environ de 5 affaires liées au divorce, le jeudi 13 août 2020. Selon une source interne, près 17 demandes en moyenne de divorce sont enrôlées par mois.  « Il y a trop de mariages fantaisistes. Nous recevons des demandes de divorces quasiment chaque jour, les gens se marient non pas par consentement, mais pour d’autres intérêts », remarque cette source. Entre janvier et juillet 2020, 128 demandes ont été recensées, et plus de 150 en 2019 dans ce tribunal. « On constate que des cas de divorce sont recrudescents devant le tribunal chaque année. Même quand ce n’est pas au tribunal, c’est au commissariat que les demandes d’intervention au sein des familles sont croissantes tout comme dans les familles et les églises », souligne Me Patricia Kuwong Tembi, conseillère matrimoniale.Violences hommes divorce conjugales

abandon de foyer conjugal, l’injure, la non-participation

Violences hommes divorce conjugalesAu tribunal de Grande Instance du Wouri, 136 dossiers ont été enregistrés entre mars et décembre 2018, 149 en 2019 et 96 entre janvier et juillet 2020. Les femmes, remarque Me Njamen, sont celles qui initient le plus des procédures en divorce. Mais, il convient de préciser que les demandes viennent des deux parties. « Le législateur camerounais essaye de dissuader au maximum les couples qui veulent divorcer. De nombreux juges s’inscrivent dans cette logique de dissuasion lors de l’instruction des procédures en asseyant d’abord de réconcilier le couple », explique-t-il. Les demandeurs sont autant des jeunes que des vieux. Cependant, observe cet avocat, « d’après mon expérience personnelle, et en l’absence de toute statistique, je pourrai situer la moyenne des couples qui divorce autour de 05-06 ans de mariage ».Violences hommes divorce conjugales

Les motifs, selon lui, varient d’un couple à un autre. L’infidélité est la cause de nombreux divorces, tout comme les sévices et violences dans le couple. On note aussi, l’abandon de foyer conjugal par l’un des conjoints, l’injure, la non-participation aux charges, la non-consommation du mariage.  « Avec le phénomène des églises de réveil, on peut observer une recrudescence des demandes de divorces nées des incompatibilités au niveau de la croyance », déplore-t-il. Quel qu’en soit le motif, relève Martine, la rupture d’un lien conjugal entraine une « souffrance inexplicable ».

Violences conjugales

Violences hommes divorce conjugalesLa fête des mères pour cette femme de 33 ans, remue la douleur liée à l’absence de son fils de 8 ans. Victime des violences conjugales, Martine a obtenu le divorce quand son fils n’avait que 5 ans. « Mon mari a obtenu la garde de notre fils parce que je n’étais pas autonome. Et pour me punir de l’avoir quitté, il m’empêche parfois de voir mon fils pendant mes périodes de garde. Chaque séparation avec mon fils, me laisse un vide inexplicable », regrette cette mère déboussolée, qui envisage demander la garde de son fils maintenant qu’elle a un emploi.

Si les femmes sont majoritaires à se plaindre des violences conjugales, il n’en demeure pas moins, que certains hommes ont recours à la justice pour se défaire des femmes agressives. « Les hommes victimes des sévices qui sollicitent le divorce sont rares, peut-être parce qu’ils sont passifs contrairement aux femmes. 2 sur 10 affaires sont des hommes qui se plaignent des coups et blessures », relève la source au TPI de Bonabéri.Violences hommes divorce conjugales

En 2019, le centre camerounais de lutte contre les violences faîtes aux hommes a enregistré près de 2000 cas des hommes victimes de violence conjugale au Cameroun. « Nous accompagnons beaucoup de couples à la conciliation …mais pas à s’entretuer. Quand nous constatons que les tendances sont extrémistes, nous présentons les dossiers à la juridiction compétente pour la suite…Il y a eu des divorces prononcés. Mais la justice est trop lente à la résolution des cas qui finissent par des meurtres », explique Gaby eka’a Owona, son coordonnateur.

la non-participation aux charges et la non consommation du mariage

Violences hommes divorce conjugalesAu-delà des motifs qui conduisent au divorce, la société est plongée dans une intolérance quasi généralisée, regrette Me Njamen, qui est la véritable cause du nombre sans cesse croissant des divorces. A cela, il ajoute, l’émancipation de la femme qui, aujourd’hui diplômée, n’entend plus subir les mêmes dominations et soumissions que celle au foyer d’hier. « La propension des jeunes couples à s’engager dans le divorce pousse à s’interroger sur la raison d’être de la préparation au mariage », s’interroge-t-il. Dans la même Violences hommes divorce conjugaleslogique, la conseillère matrimoniale remarque que les jeunes manquent de patience, et s’engagent rapidement dans un mariage sur des bases erronées, sans être prêts pour cette institution.  D’après elle, les couples, principalement les jeunes, doivent travailler la patience, l’endurance, demander de l’aide et les conseils, prier et surtout prendre le temps de construire leur mariage.Violences hommes divorce conjugales

Marie Louise MAMGUE

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