Viande : La production en baisse de 4,1% au deuxième semestre 2025
Au deuxième trimestre 2025, la production de viande recule de 4,1 % par rapport à 2024, en raison de la baisse des abattages liée aux pertes de bêtes. Une baisse des tendances annuelles qui selon les experts est un appel à la vigilance.
La production de viande au Cameroun connaît un déficit du fait de la baisse des abattages. Selon la dernière note de conjoncture économique du Ministère des Finances (Minfi), publiée le 17 janvier 2026, la production nationale de viande a reculé de 4,1% au premier semestre 2025, comparée à la même période en 2024. Une situation qui selon le Minfi est due, « à la dégradation des pâturages du fait des changements climatiques et du mauvais état des routes qui allonge la durée des voyages, causant les pertes de bêtes.»
Une tendance qui, à en croire le Dr. Paul Henri Mbarga, économiste rural, traduit les difficultés d’un secteur essentiel à la sécurité alimentaire du pays. En fin de compte, ce sont les éleveurs qui subissent une double perte. À ces difficultés s’ajoute le mauvais état des routes rurales, qui, selon Herman Meka, agronome et analyste au cabinet AgrisData Consulting, reste un facteur logistique souvent sous-estimé. « Dans les zones sahéliennes, les pluies irrégulières ont compromis la transhumance. Les éleveurs doivent parcourir de plus longues distances, avec des pertes significatives en route alors même que les besoins de consommation restent élevés », déplore cet agronome.
D’après les données compilées sur le site du Ministère de l’Élevage des Pêches et Industries Animales (Minepia) et de l’Institut National de la Statistique (INS), les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2021, la production de viande a atteint 270 000 tonnes, puis a connu une progression de près de 347 900 tonnes en 2023.
Cependant, la tendance s’est inversée. En 2024, la production a chuté à 235 960 tonnes, et a atteint 172 910 tonnes en 2025. Ce qui représente une baisse alarmante de 4,1 % par rapport à l’année précédente.
Cette baisse des tendances annuelles, alerte le Dr Paul Henri Mbarga, est un appel à la vigilance. « Le Cameroun possède encore un potentiel pastoral considérable. Mais sans routes viables, sans pâturages protégés et sans stratégie claire de chaîne de valeur, le risque est grand de voir notre dépendance aux importations s’accentuer », avertit l’économiste rural.
Hyacinthe TEINTANGUE







