Santé : Déjà 78 cas de Mpox détectés au Cameroun
Face à une nouvelle flambée de la variole du singe à travers le pays, dont 8 confirmés en laboratoire, le ministère de la Santé Publique a activé le Système de gestion de l’incident.
Le 23 janvier 2026, le ministère de la Santé publique a activé le Système de gestion de l’incident (SGI) pour faire face à une nouvelle flambée de Mpox, ou variole du singe. À cette date, 78 cas avaient été détectés sur l’ensemble du territoire national, dont 8 confirmés en laboratoire, principalement dans les régions du Centre, du Littoral et du Sud-Ouest. Présentée comme un renforcement de la riposte.
Cette activation, selon le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie, va permettre d’observer la surveillance épidémiologique, la prise en charge des cas, la communication sur les risques, la mobilisation rapide des ressources, afin de limiter la propagation du Mpox.
Quelques mois plus tôt, en 2024, le Cameroun faisait déjà face à des foyers actifs. Au 16 août de cette année, le Minsanté rapportait 30 cas suspects, 5 cas confirmés et 2 décès liés au Mpox. Les districts de Mbonge, Buea et Limbe dans le Sud-Ouest, ainsi que Njikwa et Bamenda dans le Nord-Ouest, étaient alors touchés. Des zones qui figuraient déjà parmi les épicentres lors des épisodes précédents.
En 2023, le Bulletin épidémiologique de la santé du Cameroun faisait état de 114 cas suspects et 27 cas confirmés. La région du Sud-Ouest concentrait à elle seule 89 cas suspects et l’ensemble des confirmations, confirmant son statut de principal foyer endémique du pays. Malgré cette concentration géographique claire, les données ne montrent pas de rupture durable de la chaîne de transmission.
Les signaux d’alerte remontent encore plus loin. Entre le 17 août et le 16 septembre 2022, le rapport de situation (Sitrep n°3) recensait 39 cas suspects, dont 8 confirmés, avec 2 décès, soit un taux de létalité de 5,1 %. Cinq régions étaient alors affectées Centre, Littoral, Sud, Sud-Ouest et Nord-Ouest et six districts de santé, parmi lesquels Ayos, Djoum, Deïdo, Kumba, Konye et Bonakuma.
Ces épisodes montrent que, malgré les mesures mises en place (investigations, communication sur les risques, renforcement des capacités des districts qui ont surtout permis d’améliorer la détection et la notification des cas…), la transmission du virus n’a jamais été totalement interrompue.
Le Dr Paul Tassé, médecin généraliste, explique que la persistance du Mpox s’explique par plusieurs facteurs tels que la porosité des frontières avec le Nigeria et la République centrafricaine ; la surveillance communautaire inégale et les capacités limitées de prévention dans les districts historiquement affectés. Selon lui, l’activation ponctuelle du SGI, sans stratégie de contrôle endémique ciblée, ne suffit pas à interrompre durablement la circulation du virus.
Face à la menace qu’est la variole du singe, il recommande de combiner surveillance renforcée, prise en charge rapide des cas, sensibilisation des populations et vaccination ciblée, tout en consolidant les capacités locales et la coordination régionale pour interrompre durablement la transmission.
Mélanie Ambombo







