Afrique : Des journalistes confrontés à un « code rouge » dans la couverture des enjeux sanitaires
Face aux défis majeurs d’accès aux données et aux experts africains pour renforcer la communication en santé publique, des professionnels des médias lancent un appel à l’action afin de consolider le soutien et la confiance dans la communication sanitaire sur le continent.
Des médias africains font face à des défis sans précédent pour informer sur la santé publique. Entre la récurrence des épidémies, l’explosion des maladies non transmissibles comme le cancer ou le diabète, et les premiers impacts sanitaires du changement climatique, la demande d’information fiable explose. Pourtant, sur le terrain, les rédactions fonctionnent à flux tendu. C’est ce que relève le rapport d’alerte sur l’état du journalisme de santé en Afrique, intitulé « Tendances des médias de santé en Afrique 2026 », rendu public par FINN Partners, le 26 février 2026 à Nairobi, au Kenya.
« Les journalistes sont désireux de raconter des histoires à fort impact, mais sont souvent freinés par un manque de ressources et d’accès à des experts locaux crédibles », explique Sheriff Bojang, journaliste à The Africa Report.
À en croire Peter Finn, associé fondateur et Président-directeur général (PDG) de FINN Partners, les rédactions fonctionnent avec des ressources limitées, des services spécialisés en santé réduits et un accès restreint à des données fiables et actualisées. Cette situation transforme la couverture des enjeux sanitaires en un « code rouge » pour la profession journalistique. « Nous sommes à une période charnière pour la communication en santé en Afrique (…) Lorsque le journalisme manque de ressources, la santé publique en pâtit », souligne Peter Finn.
De même, selon Dr Maryam Bigdeli, spécialiste des systèmes de santé et ancienne représentante et cheffe de mission de l’Organisation Mondiale de la Santé, (OMS) au Maroc, « la manière dont les problématiques de santé sont rapportées impacte la confiance du public, la hiérarchisation des priorités politiques et, en fin de compte, la solidité des systèmes de santé », a-t-elle déclaré face aux enjeux de la couverture sanitaire locale.
Malgré les pressions croissantes, le rapport indique que la tendance reste positive : les journalistes se tournent de plus en plus vers un journalisme fondé sur les données et orienté vers les solutions, mettant au centre l’expertise africaine et les contextes locaux.
À travers le continent, le Rapport 2026, fondé sur les contributions de journalistes, de rédacteurs et de défenseurs issus de 11 pays africains, conclut par un appel à l’action à destination des gouvernements, des organisations non gouvernementales (ONG), des bailleurs de fonds et du secteur privé. Il les invite à investir dans le journalisme local, à améliorer l’accès aux données et aux experts africains, et à construire des partenariats durables fondés sur la confiance avec les médias, afin de renforcer les résultats en matière de santé publique.
Hyacinthe TEINTANGUE







