Bassin du lac Tchad : 3,7 milliards de FCFA pour lutter contre le choléra

Face à la recrudescence alarmante du choléra observée dans la Région africaine au cours des cinq premiers mois de 2026, KSrelief et l’OMS ont signé un accord de financement afin de lutter contre cette menace croissante qui pèse sur les populations du Bassin du Lac Tchad.

Le choléra gagne du terrain en Afrique, tandis que les moyens pour l’endiguer s’amenuisent selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cette organisation internationale indique que dans l’ensemble du Bassin du Lac Tchad, 8,2 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire et seulement 22 % des besoins de financement avaient été couverts en avril 2026.

Au Cameroun, du 29 juin au 28 juillet 2026, huit districts de santé de la région de l’Extrême-Nord ont été touchés par une épidémie de choléra. Plus de 800 cas ont été enregistrés, dont 25 décès, soit un taux de létalité de 3 %, rapporte le ministère de la Santé publique. Quelques semaines plus tard, la région du Nord a, à son tour, été touchée. Entre le 24 août et le 10 septembre 2026, 15 cas de choléra y ont été recensés, ainsi que deux décès communautaires, selon le Centre régional pour la prévention et la lutte contre les épidémies de la délégation régionale de la Santé publique du Nord.

Sur le continent africain, de janvier à fin mai 2026, plus de 61 000 cas ont été recensés d’après l’OMS, dont une part importante dans le Bassin du Lac Tchad, l’un des principaux foyers de l’épidémie. Cette recrudescence survient alors que les financements consacrés à la lutte contre la maladie connaissent des déficits au cours des dernières années selon un article de l’OMS publié le  22 Septembre 2026.

A lire aussi :  Insécurité : une nouvelle unité de défense en renfort dans l’Extrême-Nord

À cet effet, le Centre Roi Salman pour le secours et l’action humanitaires (KSrelief) et l’OMS ont signé un accord de mise en œuvre conjoint destiné à soutenir la préparation et la riposte au choléra dans le Bassin du Lac Tchad. D’un montant de 5 327 244,97 dollars américains, soit environ 3,7 milliards de F Cfa, cet accord a été signé le 22 septembre 2026, en marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York pour couvrir le Cameroun, le Tchad, le Mali, le Niger et le Nigéria.

« Le choléra est une maladie évitable et traitable, et pourtant, il continue de faire des victimes dans des communautés déjà confrontées à de graves difficultés humanitaires. Un soutien durable, tel que cet engagement de KS Relief, permettra à cinq pays du Bassin du Lac Tchad de détecter plus tôt les épidémies, d’intervenir plus rapidement et de fournir des soins vitaux où ils sont le plus nécessaires », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

Ce projet associe des actions en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, notamment le forage de puits et la réhabilitation de latrines publiques, en surveillance épidémiologique et en fourniture de médicaments et de consommables médicaux. Il prévoit également la réhabilitation d’infrastructures médicales et l’équipement de services de radiologie, de stérilisation, de blocs opératoires, d’urgences et de soins intensifs pour enfants et adultes.

Jules Mballa, expert en gouvernance et développement local, estime que la réussite de cet appui dépendra en grande partie de la qualité de sa mise en œuvre et du suivi des investissements. Selon lui, la solidité des institutions et la transparence dans la gestion des ressources constituent des conditions essentielles pour garantir la durabilité des actions engagées. « La gouvernance est la clé. Si les institutions ne sont pas solides, même les investissements les mieux conçus risquent d’échouer », insiste-t-il.

A lire aussi :  Trafic du bois : plus de 370 millions FCFA perdus sur le fleuve Sangha en 15 mois

Sur plus de 61 000 cas de choléra recensés dans la Région africaine au cours des cinq premiers mois de 2026; le Nigéria est le pays qui a enregistré la plus importante de la région, avec plus de 50 000 cas et 338 décès depuis janvier, tandis qu’au Tchad, près des deux tiers des infections concernent des enfants de moins de 15 ans.

Hyacinthe TEINTANGUE

Leave comment

Your email address will not be published. Required fields are marked with *.

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.