Insécurité : une nouvelle unité de défense en renfort dans l’Extrême-Nord

Le « BIR Lac Tchad », qui compte actuellement 800 hommes et devrait dépasser le millier, doit renforcer le dispositif sécuritaire dans le Logone-et-Chari, alors que les attaques attribuées à Boko Haram provoquent de nouveaux déplacements de populations.

Dans l’Extrême-Nord, confronté à l’insécurité liée aux attaques de Boko Haram depuis 2014, la réponse sécuritaire change d’échelle. Face à la recrudescence des incursions attribuées ces derniers mois à la secte terroriste dans le Bassin du Lac Tchad, le gouvernement annonce la création d’une nouvelle composante du Bataillon d’intervention rapide (BIR), dénommée « BIR Lac Tchad ».

L’annonce a été faite lundi 28 septembre à Waza par le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo. C’était à la faveur d’une mission d’évaluation sécuritaire et humanitaire conduite conjointement avec le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Selon le ministère de la Défense, l’unité compte actuellement 800 hommes et ses effectifs doivent prochainement dépasser le millier. Elle doit renforcer le dispositif militaire dans le département du Logone-et-Chari, particulièrement exposé aux incursions des groupes armés opérant dans la zone du Lac Tchad. Une nouvelle caserne est également annoncée à Waza, sur un site de deux hectares déjà budgétisés.

L’attaque de Madegwa comme déclencheur

Ce renforcement intervient dans un contexte de forte tension sécuritaire. Dans la nuit du 16 au 17 septembre, le village de Madegwa, dans l’arrondissement de Makary, a été attaqué. Le bilan, selon des sources locales, fait état de 13 morts et de plusieurs blessés. Depuis cette attaque attribuée aux combattants de Boko Haram, plusieurs villages des arrondissements de Makary et de Waza se sont progressivement vidés de leurs habitants, qui redoutent de nouvelles incursions. Samké, Ndjikina, Malia, Salé, Bladolé, Mada 1 et 2, Layola, Toukoumaya, Choloba, Zigagué, Zigué, Touga, Kola, Bilé Kotoko, Bilé Mousgoum ou encore Tagawa figurent parmi les localités citées dans les mouvements de population consécutifs à la dégradation de la situation sécuritaire. En créant cette nouvelle unité du BIR, l’objectif affiché par les autorités est de rapprocher les forces de défense des zones les plus exposées, de renforcer la protection des personnes et de leurs biens et de créer les conditions permettant, à terme, le retour des populations déplacées. Mais derrière la réponse militaire se dessine une autre urgence : l’accueil des personnes ayant fui leurs villages.

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Actuellement, des milliers de familles déplacées se sont installées dans des salles de classe ou dans des abris de fortune à Waza. Près d’un millier de personnes originaires notamment des villages de Salé et de Zizagué ont également trouvé refuge, depuis le 10 septembre, au stade Yaya Daïrou. Hommes, femmes et enfants y vivent dans des conditions précaires, certains dormant directement dans les gradins. Le manque de latrines, les difficultés d’accès à l’eau potable et l’insuffisance des dispositifs de gestion des déchets préoccupent particulièrement les acteurs locaux, dans une région actuellement confrontée à une épidémie de choléra

Par Célestin TABOULI Succès, à Maroua

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