Crise humanitaire : près de 2,9 millions de camerounais dans le besoin en 2026
Pour remédier à ce défi lié au besoin d’assistance humanitaire, les experts d’Ocha appellent le gouvernement à prendre des mesures concrètes, au-delà de celles de la communauté internationale.
De tous les pays de la région, le Cameroun demeure l’un des territoires où la crise humanitaire est la plus négligée. La violence, l’insécurité, les déplacements forcés et les chocs climatiques sont entre autres éléments qui favorisent cette situation.
D’après le rapport du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires (Ocha) sur le cycle de programmation humanitaire publié le 5 mars 2026, ces facteurs contribuent à accroitre des vulnérabilités existantes dans plusieurs régions du pays. Notamment dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. « En 2026, environ 2,9 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire et de services de protection. Derrière ce nombre, il y a des familles qui ont perdu leur foyer et leurs moyens de subsistance, des enfants dont la scolarité est perturbée à plusieurs reprises », illustre Issa Sanogo, coordonnateur humanitaire pour Ocha au Cameroun. Il précise qu’« en 2025, seulement 1 million de personnes sur les 2,1 millions ciblées ont reçu une assistance, laissant 1,1 million de femmes, d’hommes et d’enfants sans prise en charge de leurs besoins urgents ».
Selon Denis Ze, consultant et chercheur en question humanitaire, cette crise par laquelle passe le Cameroun résulte en grande partie de l’échec d’une stratégie de développement nationale. « Cette crise est en partie due à la faiblesse de la gouvernance. Le gouvernement doit prendre des mesures concrètes pour améliorer la sécurité, la protection des populations et la résilience des communautés. Il ne peut pas simplement compter sur la communauté internationale pour tout faire », confie-t-il.
À l’Extrême-Nord, le conflit dans le bassin du Lac Tchad présent depuis 2014, soit 12 ans, ne cesse de déstabiliser la région. « ce conflit, qui a déjà déplacé des millions de personnes à travers la région sans parler de décès, demeure un facteur majeur d’instabilité et de vulnérabilité pour les populations de l’Extrême-Nord. Plus d’une décennie après son déclenchement, on ne voit toujours pas d’action concrète entreprise par les dirigeants pour endiguer cette crise », souligne Adamou Ali, spécialiste en droit de l’homme.
Comme dans cette partie septentrionale, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest connaissent elles aussi une crise prolongée. Avec la violence persistante, les hostilités et la présence des Groupes Armés Non Étatiques (Gane) qui selon Ocha, exposent les civils à d’énormes risques.
Pour résoudre cette crise humanitaire, le gouvernement doit, selon Léopold Sonfack, Sociologue, prendre des mesures concrètes, au-delà de celles de la communauté internationale. Ceci afin de répondre aux besoins des populations vulnérables. « Il est essentiel d’investir dans les infrastructures de base pour les communautés affectées, en tenant compte des effets conjoints du changement climatique, tels que les inondations », conseille Léopold Sonfack.
Hyacinthe TEINTANGUE







