Garoua : 120 incendies enregistrés en neuf mois

Depuis le début de l’année 2026, cinq personnes ont perdu la vie et de nombreux ménages et commerçants ont subi d’importantes pertes matérielles. Entre installations électriques défectueuses et marchés encombrés, plusieurs facteurs compliquent la prévention et la maîtrise des incendies dans la capitale régionale du Nord.

 Au quartier Fulbere, à Garoua, Hadja Roukayatou se souvient encore de l’incendie qui a ravagé son appartement en février 2026. Ce jour-là, elle était occupée à la cuisine lorsque le feu s’est déclaré dans sa chambre, où dormait son neveu. « L’incendie a commencé, je ne sais comment, dans ma chambre pendant que j’étais occupée à la cuisine », raconte-t-elle. Son neveu a été grièvement blessé. Au petit marché Yelwa, Mohamadou Aminou a lui aussi été victime d’un incendie. Ses trois boutiques ont été détruites, entraînant la perte d’un patrimoine qu’il estime à près de 5 millions de FCFA.

Ces deux cas illustrent les conséquences des incendies qui touchent régulièrement la capitale régionale du Nord. Selon les données du centre de secours de la 301e compagnie d’incendie de Garoua, 120 incendies ont été enregistrés entre janvier et septembre 2026, contre 101 sur la même période en 2025. Cela représente une hausse d’environ 19 %. D’après les données du centre de secours, 80 % de ces incendies qui ont été recensés au cours des neuf premiers mois de 2026 se sont produits entre janvier et avril, en saison sèche.

Pour Mpèmè Assiéné, chef du centre de secours de Garoua, plusieurs facteurs peuvent expliquer ces sinistres. Il cite notamment les problèmes liés aux installations électriques. « La chaleur extrême et la surcharge des réseaux surchauffent les câbles électriques, faisant fondre leurs isolants et provoquant des courts-circuits, dramatiquement aggravés par les surtensions lors du retour du courant », explique-t-il. Les registres d’intervention mentionnent également les surtensions au rétablissement du courant, la surcharge des installations électriques, entre autres.

Au-delà des causes des incendies, l’organisation des marchés et de certains quartiers complique le travail des sapeurs-pompiers. Pour Noël Tchofo, expert en sécurité incendie, la densité des espaces commerciaux favorise la propagation des flammes. Mpèmè Assiéné relève également le non-respect des règles de sécurité incendie dans des établissements recevant du public, l’absence ou la vétusté des équipements de première extinction, ainsi que le manque de points d’eau et de bouches d’incendie opérationnels pour ravitailler les engins pendant les interventions. Les moyens disponibles constituent une autre difficulté. Selon les informations communiquées par le centre de secours, trois véhicules d’intervention sont opérationnels à Garoua. La population de la ville étant estimée à 678 769 habitants, ce nombre soulève des questions sur la capacité des secours à répondre aux besoins.

Les conséquences des incendies sont importantes pour les ménages et les commerçants touchés. Cependant, les pertes matérielles globales restent difficiles à chiffrer. « Les incendies ont causé d’énormes pertes matérielles aux commerçants et aux ménages. Cependant, nous n’avons pas les données quantifiées sur les pertes matérielles », reconnaît Mpèmè Assiéné. Le bilan humain est, en revanche, connu. Cinq personnes ont perdu la vie dans les incendies enregistrés en 2026, selon le chef du centre de secours.

Fadimatou Boubakary

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