Services publics : les administrations encouragées à accélérer leur transformation numérique
Malgré les ambitions de la SND30 qui prévoit de généraliser les services publics en ligne d’ici 2030, la transformation numérique reste peu visible dans plusieurs administrations. À Douala, les longues files d’attente et la lenteur des procédures persistent. À l’issue d’E-GOV’A 2026, les participants ont appelé les administrations à accélérer cette transition.
Au matin du mercredi 16 septembre 2026, Mariam se rend dans une mairie de Douala dans le but de refaire son acte de naissance, perdu quelques jours plus tôt. Pour ce service, l’agent rencontré lui a demandé son numéro de registre, dont elle avoue ne plus l’avoir en souvenir. « L’agent a commencé à fouiller dans les registres papier et à feuilleter les dossiers un à un. Puis, il a levé les yeux et m’a dit qu’il n’avait pas retrouvé mes informations et que, sans elles, il ne pouvait rien faire pour moi », explique-t-elle.
Mariam affirme pourtant être enregistrée dans cette institution et croit savoir que son dossier est introuvable en raison de la non numérisation des documents.
Élyse, mère de 03 enfants, a elle aussi vécu une scène similaire, alors qu’elle souhaitait obtenir la déclaration de reconnaissance de l’acte de sa fille aînée en 2025. « Ma fille est née en 2013, l’année dernière pour des raisons de régularisation à la CNPS, je me suis rendue au centre d’État civil de Ndogbong dans l’arrondissement de Douala 5e. Une fois sur les lieux, le personnel m’a informé que quelques années après sa naissance, la mairie a brûlé avec les dossiers de ma fille », raconte Élyse, en précisant la solution proposée par l’officier d’état civil. « Pour obtenir le document, l’officier présent ce jour m’a demandé de ramener toutes les personnes présentes avec nous au moment de l’établissement de l’acte de naissance de ma fille » poursuit-elle, avant d’indiquer que cette situation aurait pu être évitée avec une numérisation du système.
Face à ces multiples désagréments rencontrés, E-Gov Africa Summit, Expo & Awards (E-Gov’A), une plateforme africaine consacrée à l’e-Gouvernance, à l’intelligence artificielle et à la transformation numérique des services publics prévoit numériser les services publics en Afrique, réduire les déplacements, les coûts, les files d’attente, l’utilisation du papier et les démarches administratives répétitives. Cette transition vers le numérique passe d’après la déclaration de 2026 de Yaoundé sur l’e-gouvernance et l’intelligence artificielle en Afrique, par le développement des Datacenters africains, d’une maîtrise grandissante du cloud, mais aussi par l’ouverture des données et la communication publique.
Les réformes envisagées par E-Gov’A sont selon Fostin Abomo, ingénieur en informatique et spécialiste du Big Data, une initiative à saluer, quoique «la mise en ligne d’un service ne suffit pas à le transformer. Pour que cette démarche soit réellement utile, les procédures doivent être simplifiées, les informations régulièrement mises à jour et les demandes suivies jusqu’à leur résolution». Pour lui, « cette transition vers le numérique dépendra de la capacité de nos États à résoudre effectivement les problèmes des usagers, en tenant compte des besoins réels des populations, ainsi que de la simplification des procédures et de l’accès libre à ces services en ligne ».
Princesse LEKEUFACK (stagiaire)







