Viande de bœuf : Flambée du prix du kilogramme à Bafoussam

(Au marché 2/4) Depuis un mois, les tarifs ont augmenté de 500 Fcfa dans les boucheries de Bafoussam. Entre raréfaction du bétail venu de l’Extrême-Nord, hausse du coût de l’alimentation animale et tensions agro-pastorales, vendeurs et ménages font face à une pression croissante sur l’approvisionnement.

À la boucherie du « Marché A » de Bafoussam, Mireille tourne en rond. Cette ménagère vient de faire une amère découverte, le prix de la viande de bœuf a augmenté. Depuis un mois, le kilogramme avec os coûte désormais 3 000 Fcfa contre 2 500 Fcfa auparavant. La viande sans os, jadis vendue à 3 000 Fcfa, s’écoule aujourd’hui à 3 500 Fcfa.

Venue le lundi 11 mai 2026 pour faire plaisir à ses enfants en pleine période d’examens, Mireille doit revoir ses plans. « J’ai dû prendre 2 kg avec os au lieu des 3 kg sans os prévus », regrette-t-elle. Même constat pour le jarret de bœuf, dont le prix est passé de 1 800 Fcfa à 2 200 Fcfa. Face à cette inflation, d’autres ménagères comme Christèle Y. adoptent des stratégies de contournement. Elle n’achète plus au poids, mais au montant fixe. « On essaie d’arrondir les bords. Si j’achetais 2 kg par le passé, je prends désormais pour 4 000 Fcfa ou 5 000 Fcfa sans plus parler de poids », explique-t-elle. Conséquence directe dans l’assiette : les morceaux perdent en volume. Pour équilibrer le budget familial, Christèle se tourne désormais vers le poisson, moins onéreux.

Un cheptel sous pression dans le Grand-Nord.

 

Pour les bouchers de Bafoussam à l’Ouest Cameroun, la situation est loin d’être stabilisée. Oumarou, boucher-grossiste, pointe du doigt la rareté des troupeaux. « À Maroua, les éleveurs font face à des conflits récurrents avec les agriculteurs pour l’accès au pâturage », explique-t-il. À cette crise foncière s’ajoute l’explosion du prix des intrants : le sac de tourteaux est passé de 9 000 Fcfa à 12 000 Fcfa. Ces facteurs ont fait grimper le prix d’un bœuf à l’achat dans l’Extrême-Nord, passant de 350 000 à 500 000 Fcfa ou à plus de 700 000 Fcfa selon la taille. « Si vous ajoutez les frais de transport vers l’Ouest, vous comprenez que nous subissons aussi la situation », justifie Oumarou. Karim Adams, un autre boucher, souligne également la forte pression de la demande des pays voisins, qui aspirent une partie du cheptel camerounais.

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Ces tensions de terrain se traduisent dans les statistiques officielles. Selon les données du ministère de l’Élevage, des pêches et des industries animales (Minepia), la filière bovine connaît un net recul. Après un pic de 80 791 tonnes à la fin août 2023, la production nationale a chuté pour atteindre environ 68 902 tonnes en 2025, illustrant la fragilité d’un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire du pays.

Aurélien Kanouo Kouénéyé

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viande de bœuf

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