Savon de ménage : les exportations du Cameroun bondissent de 31 % en 2025
Portées par une forte demande régionale, elles ont atteint 74 208 tonnes en 2025, contre 56 624 tonnes un an plus tôt. En cinq ans, la filière a généré plus de 227 milliards Fcfa de recettes, malgré une forte dépendance à l’huile de palme importée.
Le savon de ménage camerounais se vend bien hors des frontières nationales. Selon les données du dernier rapport sur le commerce extérieur du Cameroun publié par l’Institut national de la statistique (Ins), les exportations camerounaises de savons de ménage en morceaux ont fortement progressé en 2025, pour atteindre 74 208 tonnes, contre 56 624 tonnes en 2024. En un an, les volumes exportés ont ainsi augmenté de 17 584 tonnes, soit une hausse de 31 %. Cette progression a permis à la filière de générer 52,9 milliards Fcfa de recettes en 2025, un niveau inédit depuis 2021.
Portée par une forte demande régionale, notamment en Afrique centrale et de l’Ouest, la filière savon de ménage a rapporté au total 227,1 milliards Fcfa au Cameroun entre 2021 et 2025, pour 293 766 tonnes exportées. Le Nigeria demeure le principal débouché du savon camerounais, absorbant à lui seul près de 68 % des exportations du pays.
« Ici, nous sommes devant la problématique majeure du commerce extérieur du Cameroun. Nous traînons un déficit commercial depuis de longues années et cela amplifie la dette extérieure. Normalement lorsque nous avons un créneau comme celui du savon qui peut être dynamique de la sorte, il vaut mieux mettre beaucoup d’accent là-dessus. C’est plutôt l’une des rares bonnes nouvelles qu’on peut avoir en économie au Cameroun », note l’économiste Dieudonné Essomba.
Seulement, derrière cette dynamique exportatrice se cache une forte dépendance à l’huile de palme, principale matière première utilisée dans la fabrication du savon. En 2023, le Cameroun a dû importer environ 200 000 tonnes d’huile de palme pour alimenter les usines locales et maintenir les capacités de production destinées à l’exportation. Pour Dieudonné Essomba, le défi consiste désormais à accroître la production nationale d’huile de palme afin de soutenir l’essor de la filière sans fragiliser l’approvisionnement du marché local. « C’est une politique publique. À partir du moment où on a une opportunité, il faut la valoriser, mais sans compromettre les usages alternatifs de l’huile. Ça veut dire qu’il faut plutôt mettre l’accent sur la production supplémentaire de l’huile de palme. Pour éviter que le développement de la filière d’exportation du savon pénalise les besoins locaux. Il faut une politique publique intégrée qui tient compte de tous les aspects », recommande-t-il.
Désiré Domo







