Hépatite B : depuis 4 ans, au moins 400 nouveaux cas par an à Laquintinie
Avec une prévalence d’environ 12 % au Cameroun, l’hépatite B demeure une infection virale chronique largement répandue, avec une prévalence supérieure à celle du VIH. La méconnaissance de la maladie et le coût de la prise en charge restent toutefois des défis majeurs.
Âgé de 21 ans, Roland T. vit avec l’hépatite B depuis quatre ans. Le mercredi 26 août 2026, vers 13 heures, il s’est rendu à l’Hôpital Laquintinie de Douala pour le suivi de sa maladie et le renouvellement de son traitement. Depuis son diagnostic, il dit subir une forte stigmatisation. « C’est difficile de vivre avec cette maladie. Dans la société comme dans ma famille, les gens évitent tout contact avec moi. De plus, le coût de la prise en charge est élevé, avec en moyenne 50 000 F CFA par mois pour le transport et les médicaments », raconte-t-il.
Malheureusement, le cas de Roland est loin d’être isolé. À l’Hôpital Laquintinie de Douala, au moins 400 nouveaux cas d’hépatite B sont enregistrés chaque année depuis 2023, selon le Dr Falla Germaine, gastro-entérologue. Malgré la fréquence de ces diagnostics, l’accès à la prise en charge reste difficile pour une partie des patients. L’hépatite B se transmet notamment par contact avec du sang infecté, lors de rapports sexuels non protégés ou de la mère à l’enfant, notamment au moment de l’accouchement. Le partage d’objets pouvant être souillés par du sang, tels que les rasoirs, coupe-ongles ou brosses à dents, peut également favoriser la transmission.
À l’échelle nationale, la situation reste préoccupante. Selon le Dr Tchamgoue Serge, président du Réseau de lutte contre les hépatites virales au Cameroun, l’hépatite virale B est fortement répandue dans l’ensemble des régions du pays, avec une prévalence estimée à environ 12 %. Les hépatites C et D sont moins fréquentes, mais certaines zones rurales de forêts denses, notamment dans les régions de l’Est et du Sud, présentent des niveaux de prévalence particulièrement élevés, pouvant atteindre 40 à 50 %, selon les données communiquées lors de la session de sensibilisation.
A en croire Dr Serge Chimi Fotso, gastro-entérologue , la faible sensibilisation, les pratiques traditionnelles et l’absence de vaccination généralisée contribuent à la propagation de l’hépatite au Cameroun. De plus, le manque d’accès aux soins et aux tests diagnostiques aggrave cette situation. En réponse, Dr Charles Yopndoi, Délégué Régional de la Santé Publique du Littoral, précise que : « la vaccination contre l’hépatite B est disponible et que le gouvernement met également en œuvre d’autres interventions pour traiter l’hépatite C et améliorer la prise en charge de l’hépatite B, notamment à travers la réduction du coût des traitements et l’amélioration de l’accès au diagnostic. »
Ces déclarations ont été recueillies lors de la session publique consacrée aux hépatites, organisée le mercredi 26 août 2026, par l’Hôpital Laquintinie de Douala sous le thème « Faisons tomber les barrières ». L’initiative visait à sensibiliser la population sur les hépatites virales, leurs modes de transmission, leur prévention et les possibilités de prise en charge.
Hyacinthe TEINTANGUE







