Gouvernance : l’UNOPS dénoncée en Afrique centrale

Dans une sixième lettre publiée le 13 août 2026, des employés anonymes de cet Office des Nations unies dénoncent des abus d’autorité, le harcèlement, les discriminations et les représailles présumées au sein des bureaux d’Afrique centrale et d’Afrique du Nord.

Une nouvelle alerte met en cause la gouvernance de l’Office des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) en Afrique centrale. Dans une lettre transmise à DataCameroon, des employés se présentant comme des lanceurs d’alerte décrivent une dégradation de la situation au sein du Bureau multipays pour l’Afrique centrale (CAMCO) et du Bureau multipays pour l’Afrique du Nord (NAMCO), tous deux dirigés par Nathalie Angibeau. Selon les auteurs, les difficultés se seraient aggravées au cours des 19 derniers mois, au point de créer, selon leurs termes, une gouvernance « chaotique ». Formulées anonymement, ces accusations ne sont toutefois pas étayées, dans le document publié, par les conclusions d’une enquête indépendante ou par des décisions judiciaires permettant d’en établir la matérialité.

La lettre met particulièrement en cause les mécanismes internes chargés de traiter les questions relatives au personnel, aux investigations et aux audits. Les auteurs affirment que plusieurs alertes n’auraient pas donné lieu à des mesures correctives suffisantes. Ils évoquent également une enquête interne qui aurait fait apparaître un niveau de satisfaction très faible ainsi qu’une forte défiance du personnel à l’égard de la direction. Le document ne précise toutefois ni la méthodologie employée, ni le nombre de participants, ni les résultats détaillés de cette enquête. Plus préoccupant encore, les auteurs affirment que certains employés ayant dénoncé des abus auraient subi des représailles, pouvant aller jusqu’au licenciement. Ils estiment que cette situation aurait contribué à instaurer un climat de peur parmi les personnels encore en fonction.

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République centrafricaine

Les préoccupations exprimées ne portent pas uniquement sur les conditions de travail. Les lanceurs d’alerte affirment que les dysfonctionnements dénoncés auraient également affecté l’exécution de plusieurs projets en Afrique centrale, évoquant des difficultés de coordination, des retards et, selon eux, des insuffisances dans la qualité de certaines réalisations. La République centrafricaine est notamment citée.

Un document officiel centrafricain versé au dossier indique que l’accord conclu avec l’UNOPS en septembre 2022 portait initialement sur un plafond de 30 637 410 dollars (environ 17, 27 milliards Fcfa). Un avenant signé en mai 2026 aurait porté le plafond total à 34 137 410 dollars (environ 19,24 milliards Fcfa), dont 23,8 millions de dollars financés par la Banque mondiale. Le gouvernement centrafricain affirme que l’UNOPS n’aurait pas exécuté, dans les délais requis, certains engagements contractuels envers les entreprises chargées des travaux.

Dans un communiqué daté du 7 juillet 2026, les autorités centrafricaines indiquent que les financements concernés devaient notamment permettre la réhabilitation de la section routière Ndélé-Ouadda et la construction de quatre ponts sur le tronçon Mbres-Bamingui-Ndélé. Elles précisent que les marchés concernés représentaient 5 millions d’euros pour le projet financé par l’AFD et 30 637 410 dollars pour celui financé par la Banque mondiale. Dans une lettre adressée à la Banque mondiale, Bangui annonce par ailleurs sa décision de ne plus engager de nouvelle collaboration avec l’UNOPS en République centrafricaine. Il demande à la Banque mondiale d’en prendre acte et de ne plus préparer, approuver, financer ou signer de nouvel accord susceptible d’engager une collaboration avec l’UNOPS dans le pays.

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Le gouvernement précise que cette décision ne remet pas en cause son partenariat avec la Banque mondiale. Elle vise, selon lui, à préserver « l’intégrité des financements », l’efficacité des projets et la confiance des populations bénéficiaires.

La rédaction

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