Pluies diluviennes : 9 régions sur 10 sous menace de catastrophes
Dans son 36e bulletin couvrant septembre à novembre 2026, l’Observatoire national sur les changements climatiques annonce des risques élevés d’inondations, de glissements de terrain et de vents violents dans la quasi-totalité du Cameroun. Une alerte réitérée le 15 septembre 2026 par la ministre de l’Habitat et du Développement urbain et qui commence déjà à faire les dégâts.
Au quartier Nkomo à Yaoundé, Armand Lewis Nabouloa n’a pas eu le temps de lire le communiqué. Dans la nuit du 16 au 17 septembre 2026, sa femme, ses deux enfants et la femme de son oncle ont été emportés par un éboulement de terrain. « Beaucoup d’années d’efforts parties », regrette le grand perdant de ce drame provoqué par une pluie diluvienne tombée la veille. Un drame qui illustre l’alerte lancée 48 heures plus tôt par le gouvernement.
Dans son communiqué radio-presse du 15 septembre 2026, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain porte à la connaissance de l’opinion que « dans son 36e bulletin de prévisions climatiques, l’Observatoire national des changements climatiques (Onacc) alerte sur les niveaux de risques élevés de catastrophes consécutifs aux fortes pluies » dans neuf des dix régions.
Selon le document, « du fait de leur plus grande densité humaine, les centres urbains sont plus vulnérables », avec trois risques majeurs attendus dans neuf régions sur dix : des inondations dans l’Adamaoua, le Centre, l’Extrême-Nord, le Littoral, le Nord, le Nord-Ouest, l’Ouest, le Sud et le Sud-Ouest, notamment à Lagdo, Maroua, Garoua, Douala, Yaoundé, Bafoussam, Nkongsamba ou Monatélé, suite « aux pluies intenses et à l’obstruction des voies de drainage » ; des glissements et éboulements de terrain dans le Littoral, le Nord-Ouest, l’Ouest et le Sud-Ouest, particulièrement à Bamenda, Limbe, Buea, Tiko, Kumba ou Dschang ; et enfin « des cas de foudre et de vents violents dans toutes les 10 régions, pouvant entraîner des accidents et même la mort », ainsi que des noyades.
Face à cette situation, la ministre rappelle les projets structurants de drainage instruits par le chef de l’Etat, « PADY, PCADY, PLIDY, PDVIR, etc. », mais prévient que « ceux-ci ne suffisent pas à réduire les risques de catastrophes accrus par les changements climatiques ». Elle appelle au « respect scrupuleux des règles d’urbanisme et de construction » et demande aux Maires de « renforcer les mesures de contrôle et de sanctions » et de veiller à l’entretien des infrastructures par « des campagnes de curage ».
Face à cette menace, Benjamin Sultan , climatologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), a recommandé sur les ondes de RFI, de: « faiire en sorte que le plan d’aménagement des villes soit plus adapté. En évitant de construire dans les zones inondables, il faut dimensionner les ouvrages, les infrastructures en fonction des données météorologiques et climatiques de demain. Il est crucial de préserver la végétation naturelle dans les villes, car elle est capable d’absorber ces événements climatiques, que ce soit les fortes températures ou les fortes précipitations. Nous essayons aussi de sensibiliser les politiques à ce nouveau climat plus chaud et avec des pluies plus intenses ».
Désiré Domo







