Importations : la facture hors pétrole bondit de 10,3 % en 2025

Malgré le recul des achats d’hydrocarbures, la facture totale des importations atteint 5 240 milliards de FCFA en 2025. Les importations hors pétrole progressent de 10,3 %, portées notamment par les véhicules, les machines électriques et plusieurs produits alimentaires.

Le Cameroun a davantage importé en 2025. Selon le rapport conjoint ministère des Finances – Direction générale de la douane (Minfi-Dgd), la facture totale passe de 4 999 milliards en 2024 à 5 240 milliards Fcfa. Cette hausse aurait été plus importante sans le recul des importations d’hydrocarbures, dont la facture a diminué de 16,4 %, passant de 1 033 à 864 milliards FCFA. Cette baisse est attribuée à « la baisse des prix des carburants et lubrifiants sur les marchés internationaux ».

À l’inverse, la facture des importations hors pétrole s’envole. Elle augmente de 10,3 % en un an, passant de 3 966 à 4 376 milliards de FCFA, et pèse désormais 83,5 % des importations. Cette hausse intervient dans une économie dont la croissance plafonne à 3,5 % en 2025, pour la deuxième année consécutive, très loin des 8 % ciblés par la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (Snd30).

Pour l’économiste Dieudonné Essomba, le constat est sans appel : « L’économie n’a pas suivi le schéma prévu. On a accumulé un très grand nombre de dysfonctionnements depuis 2010. Quand la croissance est nourrie par les importations, qu’on ne produit rien localement, on ne peut que s’attendre à ça. » D’ailleurs, ce taux de 3,5%, confirme l’expert, est en trompe-l’œil : « C’est une croissance végétative. Avec une démographie à 2,6%, la croissance par tête n’est que de 0,9%. Il n’y a pratiquement pas de croissance, elle est absorbée par la démographie », explique-t-il.

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Par ailleurs, la hausse est concentrée sur six familles de biens. Les machines électriques progressent de 22,8% à 323,5 milliards (+15,2% en volume), les véhicules et tracteurs de 12,8% à 347,7 milliards (+17,7% en volume) et les appareils d’optique et photo explosent de 260,7% à 173,9 milliards. La même tendance touche la consommation courante : poissons de mer congelés +38% à 175,1 milliards, poissons et crustacés +37,8% à 230,9 milliards, matières plastiques +4,6% à 231,3 milliards, produits pharmaceutiques +4,4% à 177,5 milliards. Or, cette dépendance pose la question de la soutenabilité : « Nous sommes endettés à l’extérieur pour plus de 12 000 milliards. On remboursera en devises avec quoi ? Il faudra négocier avec le Fonds monétaire international pour un ajustement structurel, sinon ça risque de mal passer. »

En revanche, quatre postes reculent : carburants et lubrifiants -19,1%, machines mécaniques -14,3%, riz -15,6% et blé/méteil -12,3%. Un signal positif pour les céréales, mais que l’économiste relativise : « On n’a jamais appliqué d’import-substitution au Cameroun. C’est orienter de façon incitative et coercitive la demande locale vers la production locale. Quelles mesures ont été prises pour consommer camerounais ? Aucune. Aujourd’hui, c’est réduit à des séminaires », conclut Dieudonné Essomba.

Il faut dire que côté origines de ces importations, la carte ne bouge pas : Asie orientale caracole en tête de classement avec 42,4%, suivi de l’Union européenne 21,6%, l’Afrique occidentale 9,4%, l’Amérique du Nord 6,8% enfin l’Amérique du Sud avec 6,3%.

Désiré Domo

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Importations

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