Economie : Plus de 900 mille milliards Fcfa générés par le trafic financier illicite

D’après le rapport 2020 de la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement sur les flux financiers illicites et le développement durable en Afrique, cette somme représente le revenu annuel mondial de 11 activités criminelles dont le commerce des personnes est le plus rentable.

Intitulé « Les flux financiers illicites et le développement durable en Afrique », le rapport 2020 de la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), un organe subsidiaire de l’Assemblée générale des Nations-Unies, révèle que les flux financiers illicites proviennent de plusieurs activités criminelles. Au point où le monde connait chaque année, 1 600 à 2 200 milliards de dollars (plus de 900 billiards F Cfa) de revenus générés par 11 types d’entre elles, à savoir : le trafic de drogue, d’armes, d’êtres humains, d’organes humains, de biens culturels, la contrefaçon et bien d’autres.

Publié en septembre de la même année (2020), ce rapport sur le développement économique en Afrique indique que le trafic d’êtres humains figure parmi les plus rentables. « En agrégeant les informations sur ce qui est connu et publié, l’Office des Nations-Unies contre les drogues et le crime (Onudc) 2018 a ainsi conclu qu’en 2016, l’acheminement illicite de 2,5 millions de migrants le long de certains itinéraires avait généré, à l’échelle mondiale, un revenu cumulé d’au moins 5,5 à 7 milliards de dollars (soit plus de 3 billions F Cfa Ndlr) pour les passeurs », indique le rapport.

Autres trafics

Outre ces activités criminelles, les flux financiers illicites proviennent également du trafic illégal de produits contrefaits. D’ailleurs à ce sujet, le rapport n’a pas manqué de citer le Forum économique mondial qui a révélé en 2015, que des médicaments antipaludéens de qualité inférieure ont causé la mort de plus de 100 000 enfants en Afrique subsaharienne en 2013. Soit un bilan mondial qui entre dans les actions imputables aux antipaludiques et aux antituberculeux contrefaits. Et les statistiques, plus ou moins inexistantes, ne permettent pas de mesurer l’ampleur réelle du problème. « Mais une étude récente montre qu’entre 1992 et 2012, le commerce mondial de déchets a augmenté de plus de 500 % en volume, passant de 45,6 millions de tonnes à 222,6 millions (WCO, 2018) », révèle le rapport Cnuced.

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D’après le document, plusieurs circuits font prospérer les activités illégales. Notamment la vente de déchets sur le marché noir, la déclaration frauduleuse de déchets dangereux comme non dangereux, et la classification de déchets comme biens d’occasion.  « Le trafic de biens culturels de toutes origines contribue au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme dans le monde (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), 2018) », rapporte le document qui ajoute qu’« environ 90 % des objets historiques de l’Afrique subsaharienne se trouvent dans les grands musées mondiaux, dans des collections privées ou dans des musées missionnaires. La plupart de ces objets proviennent soit de pillages, soit d’acquisitions déloyales du temps des guerres et de la domination coloniales, et ils ont ainsi été sources de flux illicites ».

Alors qu’ils constituent un obstacle important au développement économique de l’Afrique et doivent être combattus, les flux financiers illicites sont encore bien présents en Afrique. D’où la réalisation de ce rapport dont le but est de fournir aux gouvernements africains et à leurs partenaires, de nouveaux éléments à examiner.

Michèle EBONGUE

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