Secteur minier : programmé pour échouer ?

Comment comprendre que le secteur minier qui est aujourd’hui l’un des secteurs le plus porteur dans beaucoup d’économies des pays d’Afrique noire, un secteur ou plusieurs pays ont réussi à transformer les ressources minières en prospérité et développement que le Cameroun se trouve à échouer ?

Selon certains commentaires qui circulaient dans les salons huppés de Bastos à Yaoundé, on nous faisait avaler une histoire selon laquelle nos ressources minières étaient jalousement gardées pour les futures générations.

Au fait, j’avais oublié que dans le logiciel du régime de Yaoundé, les futures générations ne voulaient pas absolument dire à la jeunesse camerounaise toute entière, mais plutôt à leurs progénitures …

Pourquoi je le dis ? Le constat est simple.

Après les années 2000, nous avons constaté des attributions massives des titres miniers sur tous nos gisements stratégiques découverts par les colons à des sociétés de droit camerounais dont les actionnaires étaient tous des Camerounais. En principe, il n’y a rien de mal à cela, car ça épouse mes idées selon lesquelles les nationaux doivent s’approprier la gestion et le contrôle de nos ressources minières. Mais lorsque nous avons poussé un peu plus loin notre réflexion  au-delà de la nationalisation des ressources minières et nous nous sommes posés la question de savoir : qui sont ces Camerounais détendeurs des titres miniers sur nos gisements stratégiques ? c’est à cela que nous avions compris que le secteur minier camerounais était  mal parti, car ils(les enfants de..) avaient partagé le patrimoine national entre eux et à travers des prêtes noms; et que ce n’était aucunement pas des Camerounais lambda, mais des enfants des élites de notre pays.

On nous dira qu’ils sont des Camerounais comme les autres et ont tous les mêmes droits que les autres ; ok, c’est bien…mais pourquoi après avoir obtenu des titres miniers sur nos gisements au lieu de les développer, ils sont plutôt allés les vendre en Australie, Londres, Chine, Inde, USA, Grande Bretagne et Canada ? À des sociétés douteuses sans aucune capacite technique et parfois financière ? Ils ont effectué des transactions financières sur le patrimoine de la patrie, ont gagné beaucoup d’argent, n’ont rien reversé à l’État qui est le propriétaire de la ressource. Donc des individus s’enrichissent pendant que l’État s’appauvri.

Nous avons des projets phares comme : le fer de Mballam, le diamant de Mobilong, l’or de Colomines, le fer de Lobe, le fer de Djoum, le fer de Ngonvayang, la bauxite de Minim martap, la bauxite de Fongo tongo, le nickel, le chrome, le cobalt et le manganèse de Nkamouna, les rutiles d’Akonolinga, les rutiles et terre rares de Minta, l’or de Mbe et de Bibemi, le fer de Grand zambi etc..

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Pourquoi ces projets piétinent ? Et ceux (fer de Grand zambi, or de colomines) qui sont même sans exploitation sont une honte pour la patrie ? Qui sont ces nouveaux propriétaires ? Pour rappel, l’apport du secteur minier dans le PIB reste en dessous de 1% tandis que le pétrole est en dessous de 8%.

-L’or de Mbe et Bibemi: Orioles ressources, une entreprise en apparence britannique mais qui en réalité appartient au Camerounais, est depuis 14 ans, dans la recherche et l’exploration. Elle passe le plus de son temps à faire de la spéculation que du travail.  Dans un autre pays, on lui aurait déjà retiré le permis de recherche.  Au même moment, en 14 ans en Côte d’ivoire, 6 mines d’or ont été découvertes et mises en production.

-Le Fer de Mballam : Bestway finance(camerounais) et Austino (chinois)…des inconnus dans le secteur minier.

-Le Fer de Lobe : Sinosteel (chinois), une compagnie minière mais plutôt spécialisée dans la sidérurgie.

Le Fer de Ngonvayang: Jindal(indiens), une compagnie dont le nom ne dit rien à personne.

La Bauxite de Minom martap: Camalco filiale de canyon ressources (indiens) sans aucune capacité financière et technique

Le Nickel chrome de Nkamouna: les américains de ARM (américains) sont dessus .. Des vrais aventuriers, car ils n’ont pas la capacité financière encore moins technique… Ils font de la spéculation.

Les rutiles et terres rares de Minta : Peak minerals (australiens) au début après ils se transforment en Lion rock minerals(australiens)aujourd’hui sous nos yeux, ça devient Tronox (des américains).

Le fer de Grand zambi: développé par G stone(Bocom) , il est malgré tout le seul camerounais qui essaye de développer son projet .. Même s’il y a beaucoup de questionnements.

L’or de Colomine : développé par une compagnie locale mais très introduit dans les rouages du pouvoir.

Le diamant de Molibong: après la mise aux arrêts des sud-coréens responsables de ce projet pour tricherie, l’exploitation de notre diamant se fait illégalement par la mafia qui contrôle notre secteur minier.

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Rutiles d’Akonolinga : je donnerai un coup de chapeau au ministre qui avait eu moins de gourmandise et après appel d’offre d’attribuer ce projet minier au Groupe minier français Eramet. Ça n’avait pas plu à la mafia et elle avait tout fait pour laisser Eramet quitter le Cameroun après des dépenses rien que sur l’exploration estimées à des milliards de FCFA. Jamais dans l’histoire du secteur minier camerounais, une compagnie n’avait dépensé autant d’argent pour juste la phase de l’exploration. Malheureusement, ils n’ont pas eu honte de pousser Eramet à la sortie, juste parce qu’elle avait refusé catégoriquement de verser les dessous de table. Hypothéquant ainsi l’avenir des jeunes géologues que nous formons et qui ne sont pas les fils/filles de….

Tout le cinéma que nous voyons aujourd’hui avec les américains, les visites de sites par là, ne sont que du pipeau car il n’y aura pas de continuité après le départ de Trump en 2028.

Nous devons plutôt nous concentrer à investir dans l’inventaire technique de notre potentiel minier car avec une connaissance approximative de notre sous-sol on ne pourra jamais obtenir du bon deal pour la patrie ; on ne fera jamais du Cameroun à l’instar de la Côte d’Ivoire une destination minière, il faudra assainir le secteur minier sans ceux qui l’ont plongé dans la merde. On ne peut pas bien vendre un gisement dont la maîtrise nous échappe. Si les intérêts de la patrie ne sont pas pris en compte, nous ne sommes pas obligés de donner aux Américains Nkamouna et minta ; nous pouvons aussi comme les Américains les garder pour le futur. Que les Américains aillent exploiter leur propre sous-sol de ses minéraux critiques.

J’appelle les autorités camerounaises à mener des audits sur les attributions des titres miniers sur nos gisements stratégiques cités ci-haut à partir de l’année 2000.Il le faut pour donner une autre image du Cameroun auprès des investisseurs sérieux qui veulent nous accompagner dans cette vision du chef de l’Etat de faire du Cameroun une destination minière.

Dr Bareja Youmssi, notre expert en mines et pétrole

N.B :  le texte est de l’auteur, les liens hypertextes ont été ajoutés par la rédaction

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