Chômage : plus de 2 000 jeunes diplômés en quête d’emploi à Douala
Des milliers de jeunes, animés par l’espoir d’un avenir meilleur à l’obtention d’un emploi, ont pris d’assaut le site abritant la 17ᵉ édition de la bourse de l’emploi organisée par le Fonds national de l’emploi (FNE) à Douala.
Vêtu d’un boubou gris et des souliers noirs à bout pointu bien cirés, Arnold Djomoni, muni de son curriculum vitae (Cv), échange, ce mardi 31 mars 2026, avec ses amis au sein d’une foule majoritairement jeune.
Deux ans après l’obtention de sa licence en comptabilité et gestion, ce jeune de 24 ans est toujours sans emploi. Arrivé dès 8 heures, il espère saisir une opportunité lors de cette bourse de l’emploi organisée par le Fonds national de l’emploi (Fne). « En deux ans de recherche, je n’ai rien obtenu malgré mes nombreuses démarches. Je suis venu très tôt ce matin pour retenter ma chance », confie Arnold.
À quelques mètres, Carine Mbarga, titulaire d’un master en droit privé depuis quatre ans, fait la queue depuis 9 heures, dossier sous le bras. Deux heures plus tard, elle n’a toujours pas pu accéder à la salle où sont installés les recruteurs. « Ce n’est pas facile avec cette foule, mais je reste déterminée. J’ai déjà envoyé plus d’une centaine de CV et entrepris des démarches dans plusieurs entreprises, sans suite favorable. », raconte-t-elle en serrant son sac contenant ses diplômes.
Cette forte mobilisation révèle en effet, une réalité plus profonde, comme le témoigne Bernard Kenfack, sociologue. « Organiser une journée de recrutement massif ne résout pas le problème structurel du chômage. C’est comme tenter de soigner une maladie grave avec un simple pansement », analyse le sociologue, qui appelle ainsi à une refonte des politiques publiques. « L’État doit repenser son approche de l’emploi, de l’éducation et de l’économie. Sinon, ces jeunes continueront à courir après des mirages », pense-t-il.
Pourtant, Camille Mouté à Bidias, Directeur général du Fne se veut optimiste, estimant que la présence de nombreux chefs d’entreprises permettra à plusieurs jeunes de repartir avec une opportunité d’embauche. « Notre mission quotidienne est de rapprocher les demandeurs d’emploi de ceux qui recrutent, notamment à travers cet outil qu’est la bourse de l’emploi. Nous attendions environ 500 participants, mais nous en comptons aujourd’hui plus de 2 000. Vous avez vu l’affluence à l’extérieur ; nous avons même dû mobiliser une salle supplémentaire », a -t-il indiqué.
D’après les indicateurs de développement durable au Cameroun édition 2021 publiés par l’Institut national de la statistique (Ins) du Cameroun, le taux de chômage a connu une hausse de 6,1 % en 2021, tandis que le taux de sous-emploi global s’élevait à 65 % durant la même période. Ce chiffre alarmant concerne principalement les jeunes âgés de 25 à 35 ans, détenteurs de diplômes de l’enseignement supérieur, pour qui le chômage reste particulièrement élevé.
Hyacinthe TEINTANGUE







