Violation des droits humains: plus de 1 700 cas signalés dans le Noso au premier trimestre 2026
Depuis janvier 2026, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun restent marquées par une instabilité persistante, exposant les populations à de nouveaux déplacements, à des violences récurrentes et à un accès humanitaire de plus en plus limité. Selon l’Onu, les restrictions budgétaires pourraient encore aggraver les besoins dans les mois à venir.
Depuis janvier 2026, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso), Cameroun restent marquées par une instabilité persistante liée au conflit armé qui oppose les forces de sécurité de l’État à des groupes armés non étatiques. Selon le rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), les affrontements se poursuivent dans la plupart des divisions, exposant régulièrement les civils à des violences et à des mesures coercitives imposées par les acteurs armés.
Cette situation a entraîné de nouvelles vagues de déplacements forcés, notamment dans les divisions de Donga Mantung, Bui et de Menchum, ainsi que dans certaines parties du Sud-Ouest. Des villages entiers ont été temporairement désertés, tandis que des milliers de personnes ont fui vers des communautés voisines ou des zones forestières pour échapper aux violences. Au-delà des déplacements, la situation des droits humains reste particulièrement préoccupante. Ocha indique que plus de 1 700 cas de violations ont été documentés au premier trimestre 2026. Ces violations comprennent notamment des meurtres, des enlèvements contre rançon, des violences sexuelles, des extorsions, des impositions forcées et des intimidations ciblant les civils. Les femmes, les enfants, les commerçants, les enseignants et les autorités traditionnelles figurent parmi les groupes les plus exposés.
Pour le chercheur en gouvernance et droits humains Serge Njoh, cette situation illustre une impasse sécuritaire persistante. Il estime que les civils continuent d’en payer le prix fort et que la dégradation de la situation menace la stabilité à long terme de la région, appelant à une réponse urgente et coordonnée. Par ailleurs, Ocha souligne que l’insécurité persistante, combinée à la réduction de la présence humanitaire et aux contraintes budgétaires, risque d’aggraver encore les besoins humanitaires dans les mois à venir.
Dans la même logique, le sociologue Léopold Sonfack,affirme que les populations civiles demeurent prises au piège d’un conflit qui s’enlise progressivement. Dans ce contexte, il estime qu’une sortie de crise passe impérativement par l’ouverture d’un dialogue inclusif, impliquant l’ensemble des parties prenantes, la paix ne pouvant se construire sur la violence.
Hyacinthe TEINTANGUE







