Choléra : déjà 15 cas dans le Nord

Apparu  fin août à Garoua 1, le choléra s’est depuis étendu à trois districts de la région du Nord. Au 10 septembre 2026, deux décès sont enregistrés parmi les cas recensés, tandis que les autorités sanitaires renforcent la surveillance pour contenir la transmission communautaire.

La menace est de retour. Au 10 septembre 2026, la région du Nord compte 15 cas cumulés de choléra et deux décès communautaires, selon le Centre régional pour la prévention et la lutte contre les épidémies de la délégation régionale de la Santé publique du Nord. Le bilan reste limité par rapport aux grandes flambées sanitaires des dernières années, mais le taux de létalité atteint déjà 13,3 %, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de le maintenir en dessous de 1 %. Huit patients sont guéris et cinq restent sous traitement. L’enjeu est désormais d’empêcher la propagation du vibrion cholérique dans les trois districts touchés, sur les 15 que compte la région.

Le premier cas est apparu le 24 août 2026 dans l’aire de santé de Ouro Kanadi, dans le district de Garoua 1. Les symptômes du patient ont été confirmés biologiquement le 28 août 2026 au Centre Pasteur annexe de Garoua, explique Sébastien Douka, coordonnateur du Centre régional pour la prévention et la lutte contre les épidémies. En deux semaines, le choléra s’est propagé à cinq aires de santé. Golombé constitue aujourd’hui le foyer le plus important, avec sept cas recensés. Dans le Mayo-Louti, le premier cas a été officiellement annoncé par le préfet le 2 septembre 2026. À Guider, six cas sont répartis entre Mayo Loué et Matafal. « Le premier cas était importé de l’Extrême-Nord voisin. Le deuxième cas à Golombé a été importé du Nigeria et le premier cas à Guider venait aussi de l’Extrême-Nord. Les autres sont des contaminations communautaires », explique Sébastien Douka. Pour l’heure, aucun lien épidémiologique n’est établi entre les trois foyers. « C’est précisément l’objet de la mission d’investigation actuellement engagée », précise le coordonnateur.

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Trois foyers sous surveillance renforcée

Les autorités sanitaires veulent éviter un scénario similaire à celui de 2019, année au cours de laquelle la région avait enregistré plus de 2 000 cas et 183 décès. Garoua 1, Golombé et Guider sont actuellement classés en zone rouge. Pitoa est placé sous vigilance renforcée. La surveillance est également intensifiée sur les axes routiers Garoua–Ngong–Maroua et Garoua–Guider–Figuil, considérés comme des voies potentielles de propagation. Trois Unités de traitement du choléra (UTC/CTC) sont pré-positionnées et fonctionnelles. « Tout cas suspect est immédiatement signalé. Les centres de santé sont préparés et les kits disponibles. La prise en charge est rapide et gratuite », rassure Sébastien Douka. Selon lui, les stocks disponibles de Ringer lactate, de sels de réhydratation orale (SRO), de chlore et d’antibiotiques permettent pour l’instant de couvrir les besoins.

Fadimatou Boubakary

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