Fact-checking : des journalistes outillés pour une lutte efficace contre la désinformation

Face à la prolifération des fausses informations, amplifiée par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, et aux défis de la désinformation à l’approche des élections municipales et législatives, Cameroun Médias Plus renforce depuis le 15 septembre 2026,  les capacités des journalistes en méthodes et outils de fact-checking.

Journaliste depuis huit ans, Nacer Njoya est quotidiennement confronté à un flux croissant d’informations d’origine inconnue ou douteuse, notamment sur les réseaux sociaux. Pour lui, l’un des principaux défis reste de savoir comment vérifier ces contenus.« Nous sommes dans un métier très exigeant où il ne faut pas faire les choses à peu près. Au sein de notre média, le problème fondamental que nous rencontrons chaque jour, c’est comment vérifier une information d’origine inconnue ou douteuse, parce que nous ne connaissons ni la méthode ni les outils », confie Nacer Njoya, directeur de publication de Ouest Échos, ce mardi 15 septembre 2026 à Douala.Il s’exprime lors de la deuxième trilogie de formation des médias bénéficiaires de la composante 3 du projet Cameroun Médias Plus, consacrée pendant cinq jours au fact-checking.

Pour Samba Dialimpa Badji, expert-formateur et chercheur venu du Sénégal, cette difficulté s’inscrit dans un environnement numérique en constante évolution, où la désinformation se propage plus rapidement. Les journalistes sont notamment confrontés à la pression des réseaux sociaux, à la viralité des contenus et à l’urgence de publier, parfois au détriment du recoupement et de la vérification. « Cette formation permet aux médias d’acquérir, en plus de leurs connaissances et compétences, de nouvelles compétences et de découvrir de nouveaux outils de fact-checking pour leur permettre de mieux faire leur travail, plus aisément et plus rapidement, dans un espace numérique de plus en plus complexe », souligne Samba Dialimpa Badji.

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Au-delà des compétences techniques, Marthe Ndiang, rédactrice en chef de DataCheck, insiste sur l’importance du recul et de l’esprit critique face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Elle recommande à chacun de vérifier exclusivement la source, l’origine et la reprise éventuelle par des médias crédibles. « Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour effectuer une simple vérification », souligne-t-elle. Elle encourage l’utilisation de la Tool Box MyDataCheck, un outil efficace qui permet en quelques clics de vérifier l’authenticité d’un texte, d’une photo, d’une vidéo ou d’un contenu généré par l’IA gratuitement.

Selon Paul Joël Kamtchang, secrétaire exécutif d’ADISI-Cameroun, coordonnateur local de projet de CFI Médias soutenu par l’Union européenne, cette formation de cinq jours, qui réunit des médias de cinq régions du Cameroun, répond à un double enjeu : la préparation des élections municipales et législatives prévues en février prochain, et la lutte contre le « désordre informationnel » qui pollue l’espace numérique et complique le travail des journalistes.

Hyacinthe TEINTANGUE

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