Comptes nationaux : la croissance du Cameroun stagne à 3,5% en 2025

Avec un PIB de 34 474 milliards Fcfa , la croissance de l’économie camerounaise marque le pas, son rythme restant inchangé par rapport à 2024. Selon l’INS, le dynamisme des services soutient l’activité, mais le ralentissement du secteur primaire et la contribution négative du commerce extérieur, qui retranche 0,8 point à la croissance, limitent les performances économiques.

L’économie camerounaise tourne au ralenti. Selon le rapport sur les comptes nationaux 2025 publié par l’Institut National de la Statistique (INS) la croissance réelle s’est établie à 3,5% en 2025, un niveau identique à celui de 2024, pour un Produit Intérieur Brut (PIB) de 34 474 milliards Fcfa.« Ce taux de 3,5% veut simplement dire que le niveau de richesse globale créée dans le pays est de l’ordre de 3,5%. Il s’agit de l’addition des trois secteurs primaire, secondaire et tertiaire.On fait la moyenne, on obtient la valeur ajoutée pour l’exercice », explique l’économiste Dr Jean Marie Biada. Cette stagnation n’est pas un accident. Sur les cinq dernières années, le Cameroun tourne autour de 3,5% de moyenne sans réelle progression. « Deux facteurs justifient cette stagnation : le ralentissement agricole, on ne produit pas assez, et l’insuffisance, la mauvaise qualité, l’indisponibilité de l’énergie électrique qui est un facteur qui obère les performances des industries du secteur secondaire », analyse Dr Jean Marie Biada.

Cette croissance est portée par le tertiaire, notamment l’information-communication et les services financiers. Le secondaire contribue également à cette progression, grâce à l’agroalimentaire et au BTP, malgré le recul continu des hydrocarbures. En revanche, le ralentissement du primaire, la baisse de l’investissement public et le creusement du déficit commercial freinent l’activité. La consommation privée reste le principal soutien de la croissance, malgré le rebond de l’investissement privé.

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Pour sortir de cette trappe et atteindre les 8% visés par la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 (SND30), l’économiste préconise deux leviers : « Il faut inculquer la culture du travail au sein de la population jeune et sécuriser le réseau de production et de transport d’énergie pour le mettre à disposition des industries. Si chacun de nous en ville avait au village deux hectares de cacao, le Cameroun aurait été grand cultivateur devant la Côte d’Ivoire depuis longtemps. Et quand on va dans la transformation, les rendements sont multipliés par 5 ».


Faute de quoi, le diagnostic est sombre : « si rien n’est fait, le Cameroun ne sera même plus capable de réaliser 3,5% parce que le taux d’accroissement démographique va venir bouffer et nous serons bouffés par l’inflation. Nous serons une population à la remorque des industries mondiales ».

Une analyse que partage Dieudonné Essomba qui conclut que la chute est inévitable : « ça traduit simplement que l’économie n’a pas suivi le schéma prévu. Nous avons accumulé un nombre de dysfonctionnements à partir des années 2010. Nous payons actuellement le prix de tout ça. Quand vous avez un système économique dans lequel la croissance nourrit les importations, c’est-à-dire qu’on ne produit pratiquement rien au plan local, la chute de l’économie camerounaise est inévitable », prévient l’économiste.

Désiré Domo

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