Lobo : Le Centre médical d’arrondissement dans un état critique
17 consultations en 4 mois, personnel absent et plateau technique sous-exploité, une structure sanitaire au bord de la rupture.
Le silence est pesant à l’arrivée du ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, au Centre médical d’arrondissement (Cma) de Lobo, le 20 avril 2026. Dans les couloirs, aucune affluence. Les salles de consultation sont vides, les registres à peine alimentés. Le chef de centre est absent. Le décor donne immédiatement le ton d’une structure en net ralentissement. Située dans le département de la Lékié, région du Centre, à environ 37 km de Yaoundé,, cette formation sanitaire est censée assurer les soins de première ligne pour la population de l’arrondissement. Mais le constat dressé par le ministère de la Santé publique (Minsanté) est préoccupant.
Selon les données publiées par le ministre de la Santé publiquer , le Cma de Lobo n’a enregistré que 17 consultations générales et 3 consultations prénatales (Cpn) depuis janvier 2026, des chiffres jugés très faibles et révélateurs d’une quasi-inactivité des services. Sur le plan structurel, le centre dispose pourtant d’un plateau technique partiellement disponible ainsi que de trois chambres d’hospitalisation équipées de deux lits chacune, soit six lits au total. Mais ces infrastructures évoluent dans un environnement qualifié d’insalubre, avec un bâtiment délabré, entraînant la détérioration progressive du matériel médical, souvent inutilisé.
Face à cette situation, le ministre a ordonné le retrait de certains équipements pour leur redéploiement vers d’autres formations sanitaires plus actives. « C’est une véritable catastrophe », a-t-il déclaré, visiblement dépité. Le dysfonctionnement est également organisationnel. Une source interne évoque un problème de management : « Le personnel ne reste pas sur place. La faute au directeur du centre. Il ne sait pas manager », confie une infirmière sous anonymat. Le Minsanté confirme un déficit important de ressources humaines. Une grande partie du personnel de santé serait basée à Yaoundé et peu présente sur le site, malgré l’existence d’une maison d’astreinte laissée à l’abandon. Plus surprenant encore, certains locaux du centre ont été transformés en logements pour stagiaires.
Autre point critique, la chaîne d’approvisionnement en médicaments. La pharmacie est décrite comme quasi inexistante, avec des produits ne provenant pas du circuit officiel. Une situation qui compromet, selon le ministère, la qualité et la traçabilité des soins. « Le Cma s’approvisionne en dehors des mécanismes réglementaires, ce qui met en danger la sécurité des patients », précise une source du Minsanté.
Classé établissement de 5e catégorie dans la pyramide sanitaire, le Cma de Lobo est théoriquement le premier niveau de recours pour les populations de l’arrondissement. Mais au regard des dysfonctionnements relevés, la structure apparaît en déclin accéléré. Pour le médecin généraliste Pascaline Ndzina, la situation est alarmante : « seulement 17 consultations en 4 mois, c’est grave. Ils doivent fermer ».
Désiré Domo







